ALZHEIMER
C'est tout de même un comble d'avoir budgétisé des sommes pour le plan Alzheimer qui, aujourd'hui, ne sont pas utilisées par manque de projet.» Coup de semonce de Nicolas Sarkozy, lors de la réunion de suivi du plan Alzheimer, en début de semaine, à l'Élysée.
Présenté en février 2008, doté d'un budget de 1,6 milliard d'euros, ce programme compte dix mesures phares destinées à accélérer la recherche, favoriser un diagnostic précoce, améliorer la prise en charge des malades - 860 000 personnes en France - et la qualité de vie de leurs proches.
Si l'effort de recherche a porté quelques fruits - découverte de deux gènes prédisposant à la maladie -, les mesures destinées aux conditions d'accueil ont pris un retard aussi inexplicable impardonnable.
Ainsi, le plan prévoyait-il la création, chaque année durant cinq ans, de 1 125 places en hébergement temporaire et de 2 125 places en soins de jour.
En 2008, on a recensé l'ouverture de 593 places en hébergement temporaire et de 1 093 places en accueil de jour, soit la moitié des objectifs affichés.
Et l'année 2009, loin d'être meilleure, s'est inscrite en retrait : 220 places en hébergement temporaire, 1 016 en accueil de jour déclarées, mais dont 700 sont impossibles à localiser...
La situation des Ehpad, maisons de retraite spécialisées pour les patients en stade avancé, est pire encore :«Des 2 400 lits supplémentaires prévus chaque année à compter de 2008, pour atteindre 12 000 en 2012, seules 200 unités sont en cours d'aménagement sans avoir ouvert leurs portes pour le moment. Sans oublier la formation du personnel, quasi inexistante», dénonce Arlette Meyrieux, présidente de France Alzheimer.
Pourquoi tant de retard alors que les budgets sont disponibles ? Autorités de tutelle et Régions, les deux acteurs principaux du dispositif, se renvoient la balle. Comptent-ils sur la mémoire défaillante des malades ?
Source : www.le figaro.fr, le 05 février 2010
samedi 6 février 2010
vendredi 29 janvier 2010
ALZHEIMER
Vidéo de présentation de formation pour les personnes aidants les malades de la maladie d'Alzheimer
http://www.francealzheimer.org/pages/association/detailActu.php?id=251
Vidéo de présentation de formation pour les personnes aidants les malades de la maladie d'Alzheimer
http://www.francealzheimer.org/pages/association/detailActu.php?id=251
samedi 23 janvier 2010
ALZHEIMER
Le plan Alzheimer 2008-2012 a été lancé le 1er février 2008. Et, comme l’a précisé Florence Lustman en introduction du 7e congrès national des unités spécifiques des soins Alzheimer, la première année de ce plan a été principalement dédiée à l’élaboration et à la rédaction des normes, des recommandations et des cahiers des charges. Des appels à projet ont été ensuite lancés puis sélectionnés. Et ce n’est qu’en 2009 que les « mouvements sur le terrain » et les expérimentations ont véritablement démarré assorties d’un suivi et d’une évaluation pour une éventuelle généralisation.
En ce qui concerne les MAIA (Maisons pour l’Autonomie et l’Intégration des malades Alzheimer), 17 conventions financières ont été signées et l’une d’ente elle est déjà opérationnelle à Mulhouse. Rappelons que les MAIA visent à être un « guichet unique » qui regroupe les différents acteurs de la prise en charge des malades Alzheimer et de leurs proches en un seul espace d'orientation et de formation. Les MAIA sont destinées à devenir des structures de proximité avec au moins un établissement par département.
Coté plates-formes de répit, 11 expérimentations sont en cours. Ces structures ont pour but de proposer aux malades et aux aidants une palette très diversifiée de services ne se résumant pas à un accueil en hôpital de jour. L’évaluation de ce type de structure va se poursuivre jusqu’en juillet 2010.
De plus, il est prévu l’ouverture d’unités de soins et d’activités spécifiques pour les patients souffrant de troubles comportementaux au sein des EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) : les PASA (Pôles d’Activité et de Soins Adaptés) et les UHR (Unités d’hébergement Renforcées). Ces unités permettront d’améliorer et de diversifier l’offre d’accueil des patients présentant une MA ou un trouble apparenté. Une centaine de demandes d’investissement pour de tels projets ont été déposées.
Par ailleurs, la mise en place d’équipes pilotes spécialisées doit favoriser le maintien à domicile des malades. Quarante équipes de ce type ont d’ores et déjà débuté leur travail. Ce dispositif pourrait être généralisé sur tout le territoire en 2011.
Enfin, pour accompagner les aidants familiaux, des formations gratuites vont être proposées à partir de l’année prochaine. La secrétaire d’Etat aux Ainés, Nora Berra a en effet signé une convention de partenariat avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie et l’association France Alzheimer, afin de mettre en place 400 programmes de formation qui bénéficieront à 4 000 aidants familiaux. Il s’agira d’un programme d’une durée de 14 heures sur deux jours animé par un psychologue et un aidant spécialement formé.
Ainsi, se met progressivement en place une véritable filière destinée aux patients atteints de MA aussi bien au niveau du repérage et du diagnostic que sur le plan de la prise en charge.
La recherche est également à l’honneur dans le plan Alzheimer. Près d’une soixante de projets de recherche fondamentale ou clinique sont en cours avec un financement d’un total de 27 millions d’euros. Et il faut souligner que des résultats ont d’ores et déjà été obtenus avec la mise en évidence par l’équipe du Pr Philippe Amouyel (Institut Pasteur de Lille) de 3 nouveaux facteurs de prédisposition génétique à la forme tardive de la MA : les gènes CLU, CR1, et PICALM (1).
Dr Isabelle Birden
Aquino JP, Lustman F, Vellas B : Séance d’introduction du congrès.
Congrès national 2009 des unités de soins, d’évaluation, et de prise en charge Alzheimer (Paris) : 17-18 décembre 2009.
(1)Nature Genetics, 6 septembre 2009.
Le plan Alzheimer 2008-2012 a été lancé le 1er février 2008. Et, comme l’a précisé Florence Lustman en introduction du 7e congrès national des unités spécifiques des soins Alzheimer, la première année de ce plan a été principalement dédiée à l’élaboration et à la rédaction des normes, des recommandations et des cahiers des charges. Des appels à projet ont été ensuite lancés puis sélectionnés. Et ce n’est qu’en 2009 que les « mouvements sur le terrain » et les expérimentations ont véritablement démarré assorties d’un suivi et d’une évaluation pour une éventuelle généralisation.
En ce qui concerne les MAIA (Maisons pour l’Autonomie et l’Intégration des malades Alzheimer), 17 conventions financières ont été signées et l’une d’ente elle est déjà opérationnelle à Mulhouse. Rappelons que les MAIA visent à être un « guichet unique » qui regroupe les différents acteurs de la prise en charge des malades Alzheimer et de leurs proches en un seul espace d'orientation et de formation. Les MAIA sont destinées à devenir des structures de proximité avec au moins un établissement par département.
Coté plates-formes de répit, 11 expérimentations sont en cours. Ces structures ont pour but de proposer aux malades et aux aidants une palette très diversifiée de services ne se résumant pas à un accueil en hôpital de jour. L’évaluation de ce type de structure va se poursuivre jusqu’en juillet 2010.
De plus, il est prévu l’ouverture d’unités de soins et d’activités spécifiques pour les patients souffrant de troubles comportementaux au sein des EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) : les PASA (Pôles d’Activité et de Soins Adaptés) et les UHR (Unités d’hébergement Renforcées). Ces unités permettront d’améliorer et de diversifier l’offre d’accueil des patients présentant une MA ou un trouble apparenté. Une centaine de demandes d’investissement pour de tels projets ont été déposées.
Par ailleurs, la mise en place d’équipes pilotes spécialisées doit favoriser le maintien à domicile des malades. Quarante équipes de ce type ont d’ores et déjà débuté leur travail. Ce dispositif pourrait être généralisé sur tout le territoire en 2011.
Enfin, pour accompagner les aidants familiaux, des formations gratuites vont être proposées à partir de l’année prochaine. La secrétaire d’Etat aux Ainés, Nora Berra a en effet signé une convention de partenariat avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie et l’association France Alzheimer, afin de mettre en place 400 programmes de formation qui bénéficieront à 4 000 aidants familiaux. Il s’agira d’un programme d’une durée de 14 heures sur deux jours animé par un psychologue et un aidant spécialement formé.
Ainsi, se met progressivement en place une véritable filière destinée aux patients atteints de MA aussi bien au niveau du repérage et du diagnostic que sur le plan de la prise en charge.
La recherche est également à l’honneur dans le plan Alzheimer. Près d’une soixante de projets de recherche fondamentale ou clinique sont en cours avec un financement d’un total de 27 millions d’euros. Et il faut souligner que des résultats ont d’ores et déjà été obtenus avec la mise en évidence par l’équipe du Pr Philippe Amouyel (Institut Pasteur de Lille) de 3 nouveaux facteurs de prédisposition génétique à la forme tardive de la MA : les gènes CLU, CR1, et PICALM (1).
Dr Isabelle Birden
Aquino JP, Lustman F, Vellas B : Séance d’introduction du congrès.
Congrès national 2009 des unités de soins, d’évaluation, et de prise en charge Alzheimer (Paris) : 17-18 décembre 2009.
(1)Nature Genetics, 6 septembre 2009.
dimanche 17 janvier 2010
le 16 janvier 2010
De nouvelles expériences permettraient de diagnostiquer la maladie d'Alzheimer avant les symptômes apparents
De nouvelles expériences permettraient de diagnostiquer la maladie...
Une méthode détectant la mort des neurones via un ophtalmoscope permettrait de diagnostiquer à l’avance certaines maladies neurodégénératives, comme Alzheimer.
La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative, elle affecte le cerveau par la mort des neurones. Elle entraîne une diminution progressive et irréversible des facultés mentales, notamment de la mémoire.
Une équipe de chercheurs a trouvé un moyen de déterminer chez les souris, celles qui étaient les plus inclines à développer cette maladie. Pour cela, il faut pouvoir détecter le nombre de neurones mourants ce qui, hélas, n’est pas chose facile. La maladie d’Alzheimer est la plupart du temps diagnostiquée trop tard, quand ses symptômes sont apparents et que les dommages sont déjà importants.
Les scientifiques ont donc pensé à se référer aux cellules des yeux via un simple ophtalmoscope car la mort des cellules s’élargit au niveau de la partie arrière des yeux. Les cellules meurent soit par apoptose, mort programmée par l’organisme, soit par nécrose, c'est-à-dire par cassure de la membrane plasmique de la cellule qui, perdant son contenu cytoplasmique, meure. Au début de la maladie, les cellules meurent par apoptose, puis progressivement, la nécrose la remplace.
Durant leurs expérimentations, les scientifiques ont injecté dans les yeux de souris un colorant vert pour détecter les cellules mourant d’apoptose, ainsi qu’un colorant rouge pour les cellules arrachées par une nécrose. Ils ont ensuite observé à l’ophtalmoscope la partie arrière des yeux des rongeurs, là où les cellules mourantes peuvent être détectées. Grâce à différents filtres, ils ont pu aisément détecter les cellules fluorescentes reconnues comme nécrosées ou apoptotiques selon leur couleur.
Il s’est avéré que beaucoup plus de cellules malades étaient présentes chez les souris victimes d’Alzheimer que chez les souris saines. Plus la maladie en était à un stade évolué, plus les cellules nécrosées étaient présentes par opposition aux cellules apoptotiques dont le nombre diminuait.
Chez les souris, il a été possible d’arrêter le processus lorsque les cellules n’étaient encore victimes que d’apoptose en leur administrant le médicament contre Alzheimer, la mémantine.
Ces conclusions pourraient être utiles pour diagnostiquer Alzheimer chez l’être humain bien avant les symptômes apparents tels la perte de mémoire et donc, ralentir fortement voir stopper la maladie. De plus, l’évolution de la maladie serait visible via les cellules et un traitement plus adapté pourrait être prescrit selon le stade de la maladie. Cependant, les coûts de cette technique seraient très élevés.
De nouvelles expériences permettraient de diagnostiquer la maladie d'Alzheimer avant les symptômes apparents
De nouvelles expériences permettraient de diagnostiquer la maladie...
Une méthode détectant la mort des neurones via un ophtalmoscope permettrait de diagnostiquer à l’avance certaines maladies neurodégénératives, comme Alzheimer.
La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative, elle affecte le cerveau par la mort des neurones. Elle entraîne une diminution progressive et irréversible des facultés mentales, notamment de la mémoire.
Une équipe de chercheurs a trouvé un moyen de déterminer chez les souris, celles qui étaient les plus inclines à développer cette maladie. Pour cela, il faut pouvoir détecter le nombre de neurones mourants ce qui, hélas, n’est pas chose facile. La maladie d’Alzheimer est la plupart du temps diagnostiquée trop tard, quand ses symptômes sont apparents et que les dommages sont déjà importants.
Les scientifiques ont donc pensé à se référer aux cellules des yeux via un simple ophtalmoscope car la mort des cellules s’élargit au niveau de la partie arrière des yeux. Les cellules meurent soit par apoptose, mort programmée par l’organisme, soit par nécrose, c'est-à-dire par cassure de la membrane plasmique de la cellule qui, perdant son contenu cytoplasmique, meure. Au début de la maladie, les cellules meurent par apoptose, puis progressivement, la nécrose la remplace.
Durant leurs expérimentations, les scientifiques ont injecté dans les yeux de souris un colorant vert pour détecter les cellules mourant d’apoptose, ainsi qu’un colorant rouge pour les cellules arrachées par une nécrose. Ils ont ensuite observé à l’ophtalmoscope la partie arrière des yeux des rongeurs, là où les cellules mourantes peuvent être détectées. Grâce à différents filtres, ils ont pu aisément détecter les cellules fluorescentes reconnues comme nécrosées ou apoptotiques selon leur couleur.
Il s’est avéré que beaucoup plus de cellules malades étaient présentes chez les souris victimes d’Alzheimer que chez les souris saines. Plus la maladie en était à un stade évolué, plus les cellules nécrosées étaient présentes par opposition aux cellules apoptotiques dont le nombre diminuait.
Chez les souris, il a été possible d’arrêter le processus lorsque les cellules n’étaient encore victimes que d’apoptose en leur administrant le médicament contre Alzheimer, la mémantine.
Ces conclusions pourraient être utiles pour diagnostiquer Alzheimer chez l’être humain bien avant les symptômes apparents tels la perte de mémoire et donc, ralentir fortement voir stopper la maladie. De plus, l’évolution de la maladie serait visible via les cellules et un traitement plus adapté pourrait être prescrit selon le stade de la maladie. Cependant, les coûts de cette technique seraient très élevés.
vendredi 15 janvier 2010
Ouverture de la halte relais Alzheimer demain jeudi 14 - Couëron
mercredi 13 janvier 2010
Formés depuis septembre, les bénévoles qui ne se connaissaient pas, avec des profils très divers, donnent aujourd'hui une cohésion de groupe très complémentaire, certains ayant déjà touché la maladie autour d'eux, d'autres juste venus pour donner de leur temps.
La Halte relais Alzheimer ouvrira ses portes demain jeudi 14 dans les locaux du centre socioculturel associatif Pierre-Legendre, de 14 h 30 à 16 h 30. Service à la population, créé par le Comité des retraités (CLRPAC) avec l'aide de la Cram, ouvert aux communes du Clic (Orvault, Sautron) ou autres, il s'agit d'un lieu mis à disposition des personnes dont le conjoint, le parent ou l'enfant est atteint de la maladie de Alzheimer.
« Sans réservation, ni obligation, la Halte relais va permettre d'aider et de soutenir les familles, les informer sur leurs droits, comme par exemple les aides à domicile ou les établissements d'accueil », indique Martine Raingeard, coordinatrice du Comité des retraités.
Pour les aidants, personnes qui suivent le malade atteint de cette maladie neurodégénérative 24 heures sur 24 h, il s'agira de faire une pause, de rompre l'isolement, de partager le vécu quotidien, d'échanger les expériences ou de reprendre espoir, ceci avec l'aide d'une psychologue, Emmanuelle Périvier, spécialiste dans l'écoute, la dédramatisation de la maladie, les conseils du comportement, et la conduite de groupes de paroles.
Durant ces deux heures, le malade sera pris en charge et encadré par des bénévoles formés à cet accueil particulier, toujours avec l'assistance de la psychologue. Des activités personnelles lui seront proposées, manuelles ou mémorielles, jeux de société, chants, promenades sensitives... « Rien n'est figé », poursuit Martine Raingeard. « Par équipe de trois, les bénévoles, au nombre total de 11, viendront en alternance un jeudi sur deux, regroupés ainsi selon leur propre spécificité d'animations. Selon l'envie du jour du malade, celui-ci pourra par exemple faire une galette des rois, s'adonner à des jeux de la ludothèque du centre socioculturel, marcher... L'aidant peut alors voir la psychologue, mais aussi se faire plaisir durant deux heures. Que les personnes n'hésitent pas à venir, se renseignent et fassent un essai ! »
Rappelons que cette Halte relais est la première marche dans la possibilité d'action pour les personnes ayant développé la maladie, avant un accueil de jour, et un hébergement total.
La prochaine permanence de janvier se déroulera exceptionnellement jeudi 21, puis les 4 et 18 février, 4 et 18 mars, 1 er et 15 avril, 6 et 20 mai, 3 et 17 juin (pas en juillet et août). Reprise le 2 septembre. Contact CLRPAC : 02 40 85 01 65
mercredi 13 janvier 2010
Formés depuis septembre, les bénévoles qui ne se connaissaient pas, avec des profils très divers, donnent aujourd'hui une cohésion de groupe très complémentaire, certains ayant déjà touché la maladie autour d'eux, d'autres juste venus pour donner de leur temps.
La Halte relais Alzheimer ouvrira ses portes demain jeudi 14 dans les locaux du centre socioculturel associatif Pierre-Legendre, de 14 h 30 à 16 h 30. Service à la population, créé par le Comité des retraités (CLRPAC) avec l'aide de la Cram, ouvert aux communes du Clic (Orvault, Sautron) ou autres, il s'agit d'un lieu mis à disposition des personnes dont le conjoint, le parent ou l'enfant est atteint de la maladie de Alzheimer.
« Sans réservation, ni obligation, la Halte relais va permettre d'aider et de soutenir les familles, les informer sur leurs droits, comme par exemple les aides à domicile ou les établissements d'accueil », indique Martine Raingeard, coordinatrice du Comité des retraités.
Pour les aidants, personnes qui suivent le malade atteint de cette maladie neurodégénérative 24 heures sur 24 h, il s'agira de faire une pause, de rompre l'isolement, de partager le vécu quotidien, d'échanger les expériences ou de reprendre espoir, ceci avec l'aide d'une psychologue, Emmanuelle Périvier, spécialiste dans l'écoute, la dédramatisation de la maladie, les conseils du comportement, et la conduite de groupes de paroles.
Durant ces deux heures, le malade sera pris en charge et encadré par des bénévoles formés à cet accueil particulier, toujours avec l'assistance de la psychologue. Des activités personnelles lui seront proposées, manuelles ou mémorielles, jeux de société, chants, promenades sensitives... « Rien n'est figé », poursuit Martine Raingeard. « Par équipe de trois, les bénévoles, au nombre total de 11, viendront en alternance un jeudi sur deux, regroupés ainsi selon leur propre spécificité d'animations. Selon l'envie du jour du malade, celui-ci pourra par exemple faire une galette des rois, s'adonner à des jeux de la ludothèque du centre socioculturel, marcher... L'aidant peut alors voir la psychologue, mais aussi se faire plaisir durant deux heures. Que les personnes n'hésitent pas à venir, se renseignent et fassent un essai ! »
Rappelons que cette Halte relais est la première marche dans la possibilité d'action pour les personnes ayant développé la maladie, avant un accueil de jour, et un hébergement total.
La prochaine permanence de janvier se déroulera exceptionnellement jeudi 21, puis les 4 et 18 février, 4 et 18 mars, 1 er et 15 avril, 6 et 20 mai, 3 et 17 juin (pas en juillet et août). Reprise le 2 septembre. Contact CLRPAC : 02 40 85 01 65
lundi 11 janvier 2010
434 LA REVUE FRANCOPHONE DE GÉRIATRIE ET DE GÉRONTOLOGIE • OCTOBRE 2009 • TOME XVI • N°158
>
Introduction
S’il est important de porter précocement
le diagnostic de maladie
d’Alzheimer (MA), c’est afin d’assurer
précocement une prise en charge
adaptée. Après l’annonce du diagnostic,
il est recommandé non seulement
de proposer aux patients une
prise en charge pharmacologique
et non pharmacologique, mais également
de proposer à leurs aidants
un accompagnement psychologique.
De façon complémentaire aux traitements
médicamenteux, de nombreuses
interventions non pharmacologiques
(INP) individuelles ou
collectives ont été mises au point
pour les patients et leurs aidants.
Concernant les patients, parmi
les interventions recommandées par
la Haute Autorité de Santé
(HAS/www.has-sante.fr), figurent
l’orthophonie, la stimulation et la
réhabilitation cognitives, la thérapie
par réminiscence, l’activité physique.
La HAS mentionne également
la musicothérapie, la luminothérapie,
l’aromathérapie, la stimulation
multi-sensorielle, plus spécifiquement
ciblées sur les troubles psycho-
comportementaux (1).
Concernant les aidants familiaux
et professionnels, la HAS recommande
de les informer sur la maladie
et ses traitements médicamenteux,
et sur l’existence d’associations
de familles, au moyen de groupes
de parole ou de programmes psycho-
éducatifs, et souligne l’importance
de leur offrir un choix d’interventions,
et aux plus éprouvés, une
aide spécifique (par ex. psychothérapie
individuelle).
La HAS souligne l’importance de
l’amélioration de la qualité de vie des
patients et des aidants en termes
d’amélioration du confort physique
et mental et d’adaptation optimale
de leur environnement et insiste sur
la nécessité de dispenser aux thérapeutes
une formation spécialisée
et adaptée à leur fonction.
Malgré l’insuffisance de travaux
scientifiques démontrant les bénéfices
des interventions non médicamenteuses,
la recommandation
Ce travail présente une synthèse sur les interventions non pharmacologiques (INP) dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer.
Dans un premier temps sont résumées les recommandations de la Haute Autorité de Santé concernant les interventions qui
ont démontré leur efficacité ou leur utilité. Les auteurs soulèvent ensuite la problématique des difficultés d’évaluation de l’impact
des INP. Dans les INP, depuis les dix dernières années, un intérêt particulier est porté aux thérapies dites combinées associant
des interventions médicamenteuses et non médicamenteuses, dans l’espoir d’optimiser l’effet thérapeutique au niveau
du patient et/ou de son aidant. La majorité des études porte sur des interventions psycho-sociales et montre généralement des
bénéfices pour l’aidant. Qu’en est-il de l’impact de telles interventions pour le patient? C’est dans cette problématique «aide
aux aidants – aide aux patients» qu’a été élaboré un PHRC (Projet Hospitalier de Recherche Clinique) intitulé AIDMA, sous la
responsabilité du Pr Anne-Sophie Rigaud. Cet article résume les résultats de l’impact d’un programme psycho-éducatif structuré
sur les patients et les aidants et souligne l’intérêt de l’étude nationale ETNA3 (comparaison de 3 INP) en cours de réalisation
sous la responsabilité du Pr Jean-François Dartigues. Ces deux études témoignent du dynamisme de la recherche française
dans le domaine des INP et du souci d’améliorer la prise en charge des tandems «patient-aidant».
MOTS CLÉS: Prise en charge de la maladie d’Alzheimer – Intervention psycho-sociale – Stimulation cognitive.
Approches non-médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer
Aide aux aidants - Aide aux patients.
Résultats d’une étude contrôlée
JOCELYNE DE ROTROU, ANNE-SOPHIE RIGAUD
CMRR HÔPITAL BROCA, PARIS.
Approches non-médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer
Actes du 2e Colloque International. Paris. 2009
LA REVUE FRANCOPHONE DE GÉRIATRIE ET DE GÉRONTOLOGIE • OCTOBRE 2009 • TOME XVI • N°158 435
d’une prise en charge globale du tandem
patient-aidant est assez consensuelle
(2). L’émergence du concept
de thérapie combinée, multi-modale,
consistant en interventions auprès
des patients conjointement aux interventions
auprès des aidants,
témoigne du souci d’optimiser le
résultat thérapeutique global. La
prescription par les équipes médicales
de ces thérapies combinées
s’est accrue de façon constante,
comme s’est accrue la demande des
patients et de leurs aidants.
L’essor de ces interventions incite,
de plus en plus, autorités et organismes
à encourager chercheurs et
cliniciens à valider leurs pratiques.
Au niveau de la recherche, les travaux
sont de plus en plus nombreux
et documentent de mieux en mieux
les bénéfices apportés (3, 4, 5, 6, 7,
8) par différents types d’interventions
non pharmacologiques: impact
positif sur l’état dépressif des aidants,
leur stress et leurs stratégies de
coping, et diminution des symptômes
psycho-comportementaux positifs
(agitation, agressivité, anxiété) chez
les patients.
Problématique actuelle
Dans ce domaine dynamique des
interventions non médicamenteuses,
de nombreuses questions demeurent,
notamment: les INP réduisentelles
vraiment la pente du déclin lié
à l’évolution de la maladie? Quelles
composantes cognitives et non cognitives
pourraient demeurer stables
et pour combien de temps? Quelles
interventions pour quels tandems
«patient-aidant»?
Une amélioration de la coordination
entre médecins généralistes,
spécialistes et professionnels de
santé est-elle susceptible d’apporter
un bénéfice aux patients et/ou
aidants et de lever ainsi les obstacles
au diagnostic et à la prise en charge
précoces (9)?
Plus globalement, quel modèle
économique ou social pourrait-il
avoir le meilleur impact sur la prise
en charge de la MA ? Les aspects
financiers ne sont en effet pas négligeables.
Les autorités de santé soulèvent
le problème : soit ces INP
apportent un réel bénéfice et elles
pourraient être mieux financées, soit
elles n’ont aucun impact ou un
impact trop faible par rapport à leur
coût : faut-il alors les interrompre,
mieux les adapter, mieux former les
thérapeutes, innover notamment en
gérontechnologie? Seules des études
contrôlées effectuées selon les critères
d’une rigueur scientifique spécifiquement
adaptée aux INP peuvent
apporter des éléments de
réponse fiables qui feraient avancer
la réflexion et les pratiques dans
ce domaine.
L’étude AIDMA
C’est dans cette problématique
générale et dans le contexte plus
spécifique des thérapies combinées
et d’« aide aux aidants – aide aux
patients» qu’a été élaboré le PHRC
(Protocole Hospitalier de Recherche
Clinique) intitulé AIDMA ou «contribution
d’un programme psycho-éducatif
(PPE) d’aide aux aidants familiaux
dans la prise en charge
pharmacologique de la maladie
d’Alzheimer» (10). A notre connaissance,
l’étude AIDMA est en France
la première étude évaluant l’impact
d’une thérapie combinée, et l’évaluant
de surcroît sur les patients ET
sur leurs aidants.
Cette étude a débuté en 2004 et
s’est achevée en 2008. L’objectif de
l’étude (menée de 2004 à 2008) était
de savoir si un PPE pour des aidants
familiaux, conjointement à la prise
par les patients d’un inhibiteur de
l’acétylcholinestérase associé ou non
à la mémantine pouvait réduire de
façon significative le déclin cognitif,
fonctionnel ou psycho-comportemental
du patient et la détresse de
leurs aidants, comparativement à
un traitement médicamenteux seul.
L’étude AIDMA était une étude
multicentrique contrôlée et randomisée
portant sur des tandems
« patient-aidant ». Il s’agissait de
patients ambulatoires, souffrant de
MA légère à modérée. Dans le groupe
intervention, les aidants ont bénéficié
d’un PPE tandis que dans le
groupe contrôle les aidants n’ont pas
bénéficié du PPE. Les patients des
deux groupes ont reçu un traitement
anti-démence exclusivement. Les
évaluations des patients et de leurs
aidants ont été réalisées en aveugle
par des psychologues pour les
aspects neuropsychologiques et par
des gériatres pour les aspects médicaux.
Ces évaluations ont été réalisées
lors de l’inclusion, à 3 mois et
à 6 mois.
Le programme psycho-éducatif
était structuré sous la forme de 12
séances hebdomadaires d’environ
2 heures (séances collectives réunissant
6 à 10 aidants familiaux, coordonnées
par un psychologue généralement
en collaboration avec
d’autres professionnels). Les
séances avaient pour objectifs: informer
les aidants sur les différents
aspects de la maladie ; apprendre
comment prolonger l’action entreprise
par les thérapeutes; comment
prévenir et/ou faire face aux situations
de crise; faciliter la verbalisation
du vécu des aidants ; offrir un
soutien psychothérapique. L’étude
a porté sur 157 tandems (groupe
intervention : 79 ; groupe contrôle:
78). A l’inclusion, les 2 groupes
étaient comparables. Concernant les
patients, les résultats montrent leur
stabilité sur les critères cognitifs,
fonctionnels et psycho-comportementaux,
sur une période de 6 mois.
Concernant les aidants les résultats
indiquent un bénéfice statistiquement
significatif pour ceux qui ont
suivi le PPE, en termes d’amélioration
de la compréhension de la maladie
et des capacités à faire face. On
observe aussi une augmentation de
l’état dépressif chez les aidants qui
n’ont pas suivi le PPE.
Comparativement à un traitement
médicamenteux seul, l’étude
AIDMA montre qu’une intervention
destinée aux aidants n’a pas d’impact
direct sur les troubles des
patients. Mais l’intervention testée
améliore de façon significative certaines
composantes de la condition
des familles liées à ces troubles.
Compte tenu du rôle majeur des
aidants familiaux, il est raisonnable
de penser que les patients dont les
aidants sont informés et accompa-
Approches non-médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer
Actes du 2e Colloque International. Paris. 2009
>
gnés auraient un plus faible risque
de déclin et d’institutionnalisation.
Conclusions et perspectives
L’analyse des données publiées
et les résultats de l’étude AIDMA
appuient fortement la recommandation
des INP validées à proposer
aux patients et à leurs aidants en
complément des traitements médicamenteux
dans la prise en charge
de la maladie d’Alzheimer. Dans les
INP, notre réflexion actuelle s’oriente
vers une amélioration de la relation
patient-aidants, sur le sentiment de
plaisir et de meilleure participation
à la vie familiale, sociale ou institutionnelle.
Il est souhaitable de concevoir des
interventions combinées qui impliqueraient
activement les patients pris
en charge par des thérapeutes formés
et qui en demanderaient moins
à leurs aidants, en offrant en revanche
à ces derniers davantage de temps
et d’écoute de la part des équipes
médico-psycho-sociales. Les nouvelles
approches de stimulation
cognitive, (traditionnelle et informatisée)
(11) comportant ce double volet
permettraient peut-être d’obtenir un
plus grand bénéfice pour les tandems.
C’est ce type d’approche combinée
qui est testé dans l’étude nationale
ETNA3 sous la responsabilité
du Pr. J-F Dartigues (12), qui évalue
l’efficacité à long terme de 3 thérapies
non médicamenteuses (la stimulation
cognitive, la thérapie par
réminiscence, et une thérapie «à la
carte» individuelle).
436 LA REVUE FRANCOPHONE DE GÉRIATRIE ET DE GÉRONTOLOGIE • OCTOBRE 2009 • TOME XVI • N°158
>
Approches non-médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer
Actes du 2e Colloque International. Paris. 2009
1. SEUX M-L., DE ROTROU J., RIGAUD A-S.
«Les traitements de la maladie
d’Alzheimer.
>
Introduction
S’il est important de porter précocement
le diagnostic de maladie
d’Alzheimer (MA), c’est afin d’assurer
précocement une prise en charge
adaptée. Après l’annonce du diagnostic,
il est recommandé non seulement
de proposer aux patients une
prise en charge pharmacologique
et non pharmacologique, mais également
de proposer à leurs aidants
un accompagnement psychologique.
De façon complémentaire aux traitements
médicamenteux, de nombreuses
interventions non pharmacologiques
(INP) individuelles ou
collectives ont été mises au point
pour les patients et leurs aidants.
Concernant les patients, parmi
les interventions recommandées par
la Haute Autorité de Santé
(HAS/www.has-sante.fr), figurent
l’orthophonie, la stimulation et la
réhabilitation cognitives, la thérapie
par réminiscence, l’activité physique.
La HAS mentionne également
la musicothérapie, la luminothérapie,
l’aromathérapie, la stimulation
multi-sensorielle, plus spécifiquement
ciblées sur les troubles psycho-
comportementaux (1).
Concernant les aidants familiaux
et professionnels, la HAS recommande
de les informer sur la maladie
et ses traitements médicamenteux,
et sur l’existence d’associations
de familles, au moyen de groupes
de parole ou de programmes psycho-
éducatifs, et souligne l’importance
de leur offrir un choix d’interventions,
et aux plus éprouvés, une
aide spécifique (par ex. psychothérapie
individuelle).
La HAS souligne l’importance de
l’amélioration de la qualité de vie des
patients et des aidants en termes
d’amélioration du confort physique
et mental et d’adaptation optimale
de leur environnement et insiste sur
la nécessité de dispenser aux thérapeutes
une formation spécialisée
et adaptée à leur fonction.
Malgré l’insuffisance de travaux
scientifiques démontrant les bénéfices
des interventions non médicamenteuses,
la recommandation
Ce travail présente une synthèse sur les interventions non pharmacologiques (INP) dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer.
Dans un premier temps sont résumées les recommandations de la Haute Autorité de Santé concernant les interventions qui
ont démontré leur efficacité ou leur utilité. Les auteurs soulèvent ensuite la problématique des difficultés d’évaluation de l’impact
des INP. Dans les INP, depuis les dix dernières années, un intérêt particulier est porté aux thérapies dites combinées associant
des interventions médicamenteuses et non médicamenteuses, dans l’espoir d’optimiser l’effet thérapeutique au niveau
du patient et/ou de son aidant. La majorité des études porte sur des interventions psycho-sociales et montre généralement des
bénéfices pour l’aidant. Qu’en est-il de l’impact de telles interventions pour le patient? C’est dans cette problématique «aide
aux aidants – aide aux patients» qu’a été élaboré un PHRC (Projet Hospitalier de Recherche Clinique) intitulé AIDMA, sous la
responsabilité du Pr Anne-Sophie Rigaud. Cet article résume les résultats de l’impact d’un programme psycho-éducatif structuré
sur les patients et les aidants et souligne l’intérêt de l’étude nationale ETNA3 (comparaison de 3 INP) en cours de réalisation
sous la responsabilité du Pr Jean-François Dartigues. Ces deux études témoignent du dynamisme de la recherche française
dans le domaine des INP et du souci d’améliorer la prise en charge des tandems «patient-aidant».
MOTS CLÉS: Prise en charge de la maladie d’Alzheimer – Intervention psycho-sociale – Stimulation cognitive.
Approches non-médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer
Aide aux aidants - Aide aux patients.
Résultats d’une étude contrôlée
JOCELYNE DE ROTROU, ANNE-SOPHIE RIGAUD
CMRR HÔPITAL BROCA, PARIS.
Approches non-médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer
Actes du 2e Colloque International. Paris. 2009
LA REVUE FRANCOPHONE DE GÉRIATRIE ET DE GÉRONTOLOGIE • OCTOBRE 2009 • TOME XVI • N°158 435
d’une prise en charge globale du tandem
patient-aidant est assez consensuelle
(2). L’émergence du concept
de thérapie combinée, multi-modale,
consistant en interventions auprès
des patients conjointement aux interventions
auprès des aidants,
témoigne du souci d’optimiser le
résultat thérapeutique global. La
prescription par les équipes médicales
de ces thérapies combinées
s’est accrue de façon constante,
comme s’est accrue la demande des
patients et de leurs aidants.
L’essor de ces interventions incite,
de plus en plus, autorités et organismes
à encourager chercheurs et
cliniciens à valider leurs pratiques.
Au niveau de la recherche, les travaux
sont de plus en plus nombreux
et documentent de mieux en mieux
les bénéfices apportés (3, 4, 5, 6, 7,
8) par différents types d’interventions
non pharmacologiques: impact
positif sur l’état dépressif des aidants,
leur stress et leurs stratégies de
coping, et diminution des symptômes
psycho-comportementaux positifs
(agitation, agressivité, anxiété) chez
les patients.
Problématique actuelle
Dans ce domaine dynamique des
interventions non médicamenteuses,
de nombreuses questions demeurent,
notamment: les INP réduisentelles
vraiment la pente du déclin lié
à l’évolution de la maladie? Quelles
composantes cognitives et non cognitives
pourraient demeurer stables
et pour combien de temps? Quelles
interventions pour quels tandems
«patient-aidant»?
Une amélioration de la coordination
entre médecins généralistes,
spécialistes et professionnels de
santé est-elle susceptible d’apporter
un bénéfice aux patients et/ou
aidants et de lever ainsi les obstacles
au diagnostic et à la prise en charge
précoces (9)?
Plus globalement, quel modèle
économique ou social pourrait-il
avoir le meilleur impact sur la prise
en charge de la MA ? Les aspects
financiers ne sont en effet pas négligeables.
Les autorités de santé soulèvent
le problème : soit ces INP
apportent un réel bénéfice et elles
pourraient être mieux financées, soit
elles n’ont aucun impact ou un
impact trop faible par rapport à leur
coût : faut-il alors les interrompre,
mieux les adapter, mieux former les
thérapeutes, innover notamment en
gérontechnologie? Seules des études
contrôlées effectuées selon les critères
d’une rigueur scientifique spécifiquement
adaptée aux INP peuvent
apporter des éléments de
réponse fiables qui feraient avancer
la réflexion et les pratiques dans
ce domaine.
L’étude AIDMA
C’est dans cette problématique
générale et dans le contexte plus
spécifique des thérapies combinées
et d’« aide aux aidants – aide aux
patients» qu’a été élaboré le PHRC
(Protocole Hospitalier de Recherche
Clinique) intitulé AIDMA ou «contribution
d’un programme psycho-éducatif
(PPE) d’aide aux aidants familiaux
dans la prise en charge
pharmacologique de la maladie
d’Alzheimer» (10). A notre connaissance,
l’étude AIDMA est en France
la première étude évaluant l’impact
d’une thérapie combinée, et l’évaluant
de surcroît sur les patients ET
sur leurs aidants.
Cette étude a débuté en 2004 et
s’est achevée en 2008. L’objectif de
l’étude (menée de 2004 à 2008) était
de savoir si un PPE pour des aidants
familiaux, conjointement à la prise
par les patients d’un inhibiteur de
l’acétylcholinestérase associé ou non
à la mémantine pouvait réduire de
façon significative le déclin cognitif,
fonctionnel ou psycho-comportemental
du patient et la détresse de
leurs aidants, comparativement à
un traitement médicamenteux seul.
L’étude AIDMA était une étude
multicentrique contrôlée et randomisée
portant sur des tandems
« patient-aidant ». Il s’agissait de
patients ambulatoires, souffrant de
MA légère à modérée. Dans le groupe
intervention, les aidants ont bénéficié
d’un PPE tandis que dans le
groupe contrôle les aidants n’ont pas
bénéficié du PPE. Les patients des
deux groupes ont reçu un traitement
anti-démence exclusivement. Les
évaluations des patients et de leurs
aidants ont été réalisées en aveugle
par des psychologues pour les
aspects neuropsychologiques et par
des gériatres pour les aspects médicaux.
Ces évaluations ont été réalisées
lors de l’inclusion, à 3 mois et
à 6 mois.
Le programme psycho-éducatif
était structuré sous la forme de 12
séances hebdomadaires d’environ
2 heures (séances collectives réunissant
6 à 10 aidants familiaux, coordonnées
par un psychologue généralement
en collaboration avec
d’autres professionnels). Les
séances avaient pour objectifs: informer
les aidants sur les différents
aspects de la maladie ; apprendre
comment prolonger l’action entreprise
par les thérapeutes; comment
prévenir et/ou faire face aux situations
de crise; faciliter la verbalisation
du vécu des aidants ; offrir un
soutien psychothérapique. L’étude
a porté sur 157 tandems (groupe
intervention : 79 ; groupe contrôle:
78). A l’inclusion, les 2 groupes
étaient comparables. Concernant les
patients, les résultats montrent leur
stabilité sur les critères cognitifs,
fonctionnels et psycho-comportementaux,
sur une période de 6 mois.
Concernant les aidants les résultats
indiquent un bénéfice statistiquement
significatif pour ceux qui ont
suivi le PPE, en termes d’amélioration
de la compréhension de la maladie
et des capacités à faire face. On
observe aussi une augmentation de
l’état dépressif chez les aidants qui
n’ont pas suivi le PPE.
Comparativement à un traitement
médicamenteux seul, l’étude
AIDMA montre qu’une intervention
destinée aux aidants n’a pas d’impact
direct sur les troubles des
patients. Mais l’intervention testée
améliore de façon significative certaines
composantes de la condition
des familles liées à ces troubles.
Compte tenu du rôle majeur des
aidants familiaux, il est raisonnable
de penser que les patients dont les
aidants sont informés et accompa-
Approches non-médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer
Actes du 2e Colloque International. Paris. 2009
>
gnés auraient un plus faible risque
de déclin et d’institutionnalisation.
Conclusions et perspectives
L’analyse des données publiées
et les résultats de l’étude AIDMA
appuient fortement la recommandation
des INP validées à proposer
aux patients et à leurs aidants en
complément des traitements médicamenteux
dans la prise en charge
de la maladie d’Alzheimer. Dans les
INP, notre réflexion actuelle s’oriente
vers une amélioration de la relation
patient-aidants, sur le sentiment de
plaisir et de meilleure participation
à la vie familiale, sociale ou institutionnelle.
Il est souhaitable de concevoir des
interventions combinées qui impliqueraient
activement les patients pris
en charge par des thérapeutes formés
et qui en demanderaient moins
à leurs aidants, en offrant en revanche
à ces derniers davantage de temps
et d’écoute de la part des équipes
médico-psycho-sociales. Les nouvelles
approches de stimulation
cognitive, (traditionnelle et informatisée)
(11) comportant ce double volet
permettraient peut-être d’obtenir un
plus grand bénéfice pour les tandems.
C’est ce type d’approche combinée
qui est testé dans l’étude nationale
ETNA3 sous la responsabilité
du Pr. J-F Dartigues (12), qui évalue
l’efficacité à long terme de 3 thérapies
non médicamenteuses (la stimulation
cognitive, la thérapie par
réminiscence, et une thérapie «à la
carte» individuelle).
436 LA REVUE FRANCOPHONE DE GÉRIATRIE ET DE GÉRONTOLOGIE • OCTOBRE 2009 • TOME XVI • N°158
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Approches non-médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer
Actes du 2e Colloque International. Paris. 2009
1. SEUX M-L., DE ROTROU J., RIGAUD A-S.
«Les traitements de la maladie
d’Alzheimer.
mercredi 6 janvier 2010
ALZHEIMER
Le diabète: un effet bouclier?
Une étude révèle que les patients cumulant maladie d’Alzheimer et diabète enregistrent un déclin de leur mémoire réduit par rapport à ceux qui ont uniquement la maladie d’Alzheimer.
Plusieurs études ont déjà pointé l’interaction entre maladie d’Alzheimer et diabète. Selon les chercheurs, le diabète atteindrait certains vaisseaux du cerveau et favoriserait le dépôt sur les neurones de plaques amyloïdes, qui sont caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.
Des résultats surprenants
Face à ce constat, une équipe de scientifiques de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de Toulouse (France) a souhaité mesurer l’impact du diabète sur la mémoire des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer*.
Dans le cadre de leurs recherches, environ 600 patients ont été suivis pendant plusieurs années. Parmi eux, des personnes atteintes de diabète et de la maladie d’Alzheimer, et d’autres souffrant uniquement de la maladie d’Alzheimer. A intervalles réguliers, les patients participaient à des tests de mémoire. Et là, surprise! «Nous nous attendions à observer une perte de mémoire nettement plus importante chez ceux qui cumulent les deux affections. C’est exactement l’inverse qui a été constaté: la dégradation mémorielle était bien plus forte chez ceux qui ne souffraient pas de diabète», note Caroline Sanz, qui a dirigé les travaux de l’équipe de l’Inserm. Des conclusions qui doivent encore être confirmées. «Une étude de plus grande ampleur est en cours d’analyse. Elle enregistre pour l’instant les mêmes observations», souligne Caroline Sanz.
Une nouvelle démence en cause?
Pour le moins étonnants, ces résultats suscitent l’interrogation et ouvrent la porte à plusieurs hypothèses. «La première porte sur le diagnostic: même si les patients souffrant de diabète présentent les signes cliniques de la maladie d’Alzheimer, il est possible qu’il s'agisse en réalité d’un autre type de démence, dont l'évolution est plus lente», remarque Caroline Sanz.
Autre possibilité: «Les patients souffrant de diabète prenaient des médicaments destinés à prévenir les troubles cardio-vasculaires, en luttant notamment contre l’hypertension artérielle. Peut-être que ce traitement a également un impact sur l’évolution de la maladie d’Alzheimer». Une piste à confirmer, mais qui est porteuse d’espoir.
Le diabète: un effet bouclier?
Une étude révèle que les patients cumulant maladie d’Alzheimer et diabète enregistrent un déclin de leur mémoire réduit par rapport à ceux qui ont uniquement la maladie d’Alzheimer.
Plusieurs études ont déjà pointé l’interaction entre maladie d’Alzheimer et diabète. Selon les chercheurs, le diabète atteindrait certains vaisseaux du cerveau et favoriserait le dépôt sur les neurones de plaques amyloïdes, qui sont caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.
Des résultats surprenants
Face à ce constat, une équipe de scientifiques de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de Toulouse (France) a souhaité mesurer l’impact du diabète sur la mémoire des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer*.
Dans le cadre de leurs recherches, environ 600 patients ont été suivis pendant plusieurs années. Parmi eux, des personnes atteintes de diabète et de la maladie d’Alzheimer, et d’autres souffrant uniquement de la maladie d’Alzheimer. A intervalles réguliers, les patients participaient à des tests de mémoire. Et là, surprise! «Nous nous attendions à observer une perte de mémoire nettement plus importante chez ceux qui cumulent les deux affections. C’est exactement l’inverse qui a été constaté: la dégradation mémorielle était bien plus forte chez ceux qui ne souffraient pas de diabète», note Caroline Sanz, qui a dirigé les travaux de l’équipe de l’Inserm. Des conclusions qui doivent encore être confirmées. «Une étude de plus grande ampleur est en cours d’analyse. Elle enregistre pour l’instant les mêmes observations», souligne Caroline Sanz.
Une nouvelle démence en cause?
Pour le moins étonnants, ces résultats suscitent l’interrogation et ouvrent la porte à plusieurs hypothèses. «La première porte sur le diagnostic: même si les patients souffrant de diabète présentent les signes cliniques de la maladie d’Alzheimer, il est possible qu’il s'agisse en réalité d’un autre type de démence, dont l'évolution est plus lente», remarque Caroline Sanz.
Autre possibilité: «Les patients souffrant de diabète prenaient des médicaments destinés à prévenir les troubles cardio-vasculaires, en luttant notamment contre l’hypertension artérielle. Peut-être que ce traitement a également un impact sur l’évolution de la maladie d’Alzheimer». Une piste à confirmer, mais qui est porteuse d’espoir.
ALZHEIMER
L’hormone de la faim liée à la maladie d'Alzheimer?
Régulant l’appétit, la leptine jouerait aussi un rôle clé dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Un constat qui ouvre de nouveaux horizons thérapeutiques.
Produite par les cellules graisseuses durant un repas, la leptine permet de réguler l’appétit, en contrôlant l’impression de satiété. D’après les experts, certains obèses seraient insensibles à cette hormone, et donc incapables de contrôler leur sentiment de faim. Mais la leptine pourrait jouer un rôle bien plus complexe encore. Selon une étude récente*, les risques d’être atteint de la maladie d’Alzheimer dépendraient notamment de la concentration de cette hormone dans l’organisme.
L’importance du niveau de leptine
Pour aboutir à cette conclusion, des chercheurs américains ont étudié, entre 1990 et 1994, les niveaux de leptine de plusieurs centaines de personnes âgées. Huit ans plus tard, des scans du cerveau ont été effectués chez les participants aux travaux. Résultat: environ un quart des sujets possédant les plus faibles quantités de leptine dans l’organisme ont déclaré la maladie d’Alzheimer, contre seulement 6% chez ceux détenant un fort taux de cette hormone.
La leptine, un rôle de marqueur?
Premières du genre à mettre en évidence un tel lien entre la leptine et la maladie d’Alzheimer, ces conclusions doivent encore être confirmées. Les scientifiques tiennent en tout cas une piste prometteuse. D’après les auteurs de l’étude, la mesure du taux de leptine pourrait servir de marqueur afin d’anticiper un éventuel développement de la maladie. Attention toutefois: un faible niveau de leptine ne signifie pas nécessairement l'apparition d'une démence. Il ne s'agit que d'un facteur de risque parmi d'autres.
Une piste thérapeutique
Autre possibilité évoquée par les chercheurs américains: au vu de l’influence clé de la leptine dans le cerveau, l’hormone pourrait jouer un rôle dans les thérapies destinées à lutter contre la maladie. Mais la tâche sera rude pour les scientifiques. Si les traitements à base de leptine ont donné d’excellents résultats pour soigner des souris de laboratoires atteintes d’obésité, elles n’ont pas eu les effets escomptés sur les patients. Les résultats seront peut-être meilleurs en matière de lutte contre la maladie d’Alzheimer.
Jonathan Barbier
*Source: Association of Plasma Leptin Levels With Incident Alzheimer Disease and MRI Measures of Brain Aging
L’hormone de la faim liée à la maladie d'Alzheimer?
Régulant l’appétit, la leptine jouerait aussi un rôle clé dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Un constat qui ouvre de nouveaux horizons thérapeutiques.
Produite par les cellules graisseuses durant un repas, la leptine permet de réguler l’appétit, en contrôlant l’impression de satiété. D’après les experts, certains obèses seraient insensibles à cette hormone, et donc incapables de contrôler leur sentiment de faim. Mais la leptine pourrait jouer un rôle bien plus complexe encore. Selon une étude récente*, les risques d’être atteint de la maladie d’Alzheimer dépendraient notamment de la concentration de cette hormone dans l’organisme.
L’importance du niveau de leptine
Pour aboutir à cette conclusion, des chercheurs américains ont étudié, entre 1990 et 1994, les niveaux de leptine de plusieurs centaines de personnes âgées. Huit ans plus tard, des scans du cerveau ont été effectués chez les participants aux travaux. Résultat: environ un quart des sujets possédant les plus faibles quantités de leptine dans l’organisme ont déclaré la maladie d’Alzheimer, contre seulement 6% chez ceux détenant un fort taux de cette hormone.
La leptine, un rôle de marqueur?
Premières du genre à mettre en évidence un tel lien entre la leptine et la maladie d’Alzheimer, ces conclusions doivent encore être confirmées. Les scientifiques tiennent en tout cas une piste prometteuse. D’après les auteurs de l’étude, la mesure du taux de leptine pourrait servir de marqueur afin d’anticiper un éventuel développement de la maladie. Attention toutefois: un faible niveau de leptine ne signifie pas nécessairement l'apparition d'une démence. Il ne s'agit que d'un facteur de risque parmi d'autres.
Une piste thérapeutique
Autre possibilité évoquée par les chercheurs américains: au vu de l’influence clé de la leptine dans le cerveau, l’hormone pourrait jouer un rôle dans les thérapies destinées à lutter contre la maladie. Mais la tâche sera rude pour les scientifiques. Si les traitements à base de leptine ont donné d’excellents résultats pour soigner des souris de laboratoires atteintes d’obésité, elles n’ont pas eu les effets escomptés sur les patients. Les résultats seront peut-être meilleurs en matière de lutte contre la maladie d’Alzheimer.
Jonathan Barbier
*Source: Association of Plasma Leptin Levels With Incident Alzheimer Disease and MRI Measures of Brain Aging
Réminiscence: des souvenirs encore vivaces
La réminiscence fait appel à la mémoire ancienne du malade: une technique qui améliore le bien-être du patient, mais aussi de ses proches.
La maladie d’Alzheimer atteint en priorité la mémoire immédiate du patient. Incapable d’encoder de nouvelles informations, il n’est plus à même, par exemple, de se souvenir d’une instruction reçue quelques minutes auparavant. En revanche, la zone du cerveau où sont stockés les souvenirs anciens est relativement épargnée lors des premiers stades de la maladie.
Faire appel à la mémoire autobiographique
Devant ce constat, les spécialistes utilisent la réminiscence comme outil de prise en charge du patient. De quoi s’agit-il? Véritable plongée dans le passé, «la réminiscence est une technique qui fait appel à la mémoire autobiographique. Elle permet au patient de retrouver des repères», explique le Dr Jean-Christophe Bier, neurologue spécialisé dans le traitement de la maladie d’Alzheimer à l’Hôpital Erasme (Bruxelles).
Des vieilles photos, de la musique et quelques précautions
Généralement, l’usage de vieilles photographies, l’écoute d’une musique, parfois même un parfum ou une odeur, peuvent suffire pour entamer une séance de réminiscence avec un patient. Attention cependant: l’exercice doit être entouré de précautions. «Le malade qui participe à une telle séance doit être bien informé que l’objectif est d’évoquer des souvenirs. Sinon, il y a un risque de confusion entre le passé et le présent: le patient pourrait ne plus être capable de distinguer la réalité actuelle de son vécu.» Pour cette raison, il est recommandé de laisser à des professionnels le soin d’organiser de telles séances.
Un impact positif
De manière surprenante, peu d’études scientifiques ont été réalisées sur les éventuelles vertus thérapeutiques de la réminiscence.
Des travaux datant de 1987 ont pu démontrer l'impact positif de cette technique sur les troubles du comportement des patients, comme l’agitation ou l’agressivité. La raison de cette amélioration tient peut-être au lien de communication qui s’établit avec le malade. En raison de ses difficultés à s’exprimer sur le monde qui l’entoure, il se retrouve souvent isolé affective ment. Discuter avec lui du passé le place en situation de réussite: le patient se sent valorisé, et en tire probablement une certaine satisfaction. L’échange est également un moment de convivialité, au cours duquel les rires des participants et les souvenirs émus ne sont pas rares. Pour cette raison, les structures qui organisent de tels ateliers de réminiscence invitent généralement les proches du patient à y participer.
La réminiscence fait appel à la mémoire ancienne du malade: une technique qui améliore le bien-être du patient, mais aussi de ses proches.
La maladie d’Alzheimer atteint en priorité la mémoire immédiate du patient. Incapable d’encoder de nouvelles informations, il n’est plus à même, par exemple, de se souvenir d’une instruction reçue quelques minutes auparavant. En revanche, la zone du cerveau où sont stockés les souvenirs anciens est relativement épargnée lors des premiers stades de la maladie.
Faire appel à la mémoire autobiographique
Devant ce constat, les spécialistes utilisent la réminiscence comme outil de prise en charge du patient. De quoi s’agit-il? Véritable plongée dans le passé, «la réminiscence est une technique qui fait appel à la mémoire autobiographique. Elle permet au patient de retrouver des repères», explique le Dr Jean-Christophe Bier, neurologue spécialisé dans le traitement de la maladie d’Alzheimer à l’Hôpital Erasme (Bruxelles).
Des vieilles photos, de la musique et quelques précautions
Généralement, l’usage de vieilles photographies, l’écoute d’une musique, parfois même un parfum ou une odeur, peuvent suffire pour entamer une séance de réminiscence avec un patient. Attention cependant: l’exercice doit être entouré de précautions. «Le malade qui participe à une telle séance doit être bien informé que l’objectif est d’évoquer des souvenirs. Sinon, il y a un risque de confusion entre le passé et le présent: le patient pourrait ne plus être capable de distinguer la réalité actuelle de son vécu.» Pour cette raison, il est recommandé de laisser à des professionnels le soin d’organiser de telles séances.
Un impact positif
De manière surprenante, peu d’études scientifiques ont été réalisées sur les éventuelles vertus thérapeutiques de la réminiscence.
Des travaux datant de 1987 ont pu démontrer l'impact positif de cette technique sur les troubles du comportement des patients, comme l’agitation ou l’agressivité. La raison de cette amélioration tient peut-être au lien de communication qui s’établit avec le malade. En raison de ses difficultés à s’exprimer sur le monde qui l’entoure, il se retrouve souvent isolé affective ment. Discuter avec lui du passé le place en situation de réussite: le patient se sent valorisé, et en tire probablement une certaine satisfaction. L’échange est également un moment de convivialité, au cours duquel les rires des participants et les souvenirs émus ne sont pas rares. Pour cette raison, les structures qui organisent de tels ateliers de réminiscence invitent généralement les proches du patient à y participer.
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