samedi 11 juillet 2009

Une étude publiée dimanche sur le site internet du Journal of Alzheimer Disease montre les effets très favorables du café sur les souris. De quoi susciter de réels espoirs alors que la maladie d’Alzheimer touche aujourd’hui 15 % des plus de 80 ans. Dans notre pays, 850 000 personnes sont concernées.
Des performances accrues

Cette étude tombe au moment où se réunit, jusqu’au 9 juillet à Paris, le 19ème Congrès mondial de gérontologie et de gériatrie avec pour thème principal la maladie d’Alzheimer. Elle a été réalisée par le professeur Gary Arendash de l’Université de Floride (Etats-Unis) qui s’intéresse depuis longtemps au lien entre caféine et démence. Pour lui et toute son équipe, il existe une relation entre la consommation de caféine et un moindre déficit mnésique chez les malades souffrant d’Alzheimer. Il tire cette conclusion des résultats d’expériences menées sur 55 souris, chez lesquelles avaient été provoqué des troubles de la mémoire : celles auxquelles du café avait été administré (l’équivalent chez l’homme de 5 tasses par jour) ont eu de meilleurs résultats à des tests de mémoire et d’habileté mentale que celles n’ayant consommé que de l’eau pure. Mieux, quelques semaines plus tard, l’autopsie de leur cerveau a permis d'observer que les souris traitées par la caféine avaient moitié moins de protéine béta-amyloïde dans leur cerveau que les autres. Or, l’on sait que l'accumulation de cette protéine sous forme de plaques est une des principales lésions histologiques caractéristiques de la maladie d'Alzheimer.
Bientôt des tests chez l’homme

Rien ne dit que les résultats de ces tests sur les souris peuvent être extrapolés à l’homme. C’est pourquoi des essais cliniques sur l’humain sont prévus pour infirmer ou confirmer cette hypothèse.
Devant la progression de la maladie, il est toujours bon de voir que la recherche avance elle aussi. Jusqu’à présent, les médicaments cholinergiques et les exercices de stimulation de la mémoire sont les seuls moyens qui permettent d’espérer ralentir les troubles cognitifs de la personne atteinte d’Alzheimer. Le Plan Alzheimer 2008-2012, véritable enjeu européen, prévoit 1,3 million de personnes concernées par la maladie en 2020 et 2,1 millions en 2040.

lundi 6 juillet 2009

http://www.francealzheimer.org/pages/association/detailActu.php?id=238

dimanche 21 juin 2009

La machine à rêves"

Labonne Michel

Editions L'Harmattan



Thèmes du roman :

"La machine à rêves" est un roman multiple. Autour de la mémoire et du rêve il aborde différents thèmes : la maladie d'Alzheimer, la guerre d'Algérie, la violence du quotidien et le deuil en amour...

C'est à la fois un conte philosophique, un roman policier, un roman d'amour... A la fois dramatique et humoristique.

Le premier roman de Michel Labonne "Le bébé, le chat et la calopsitte" a obtenu le premier accessit au concours international francophone des Arts et Lettres de France en 2006.

En savoir plus et commander :

Pour consulter les différents sites et critiques, vous pouvez taper : "La machine à rêves Labonne Michel" sur votre moteur de recherche habituel.
Dimanche, 21 Juin 2009 12:31




Pour que les besoins essentiels de la personne âgée soient satisfaits.

C'est l'objet du nouveau schéma gérontologique mis en place pour le cycle 2009-2014 par le Conseil général, responsable de cette mission, « en tenant compte de la situation générale de la Vendée, mais aussi des situations particulières de chacun de nos anciens qui n'ont qu'un souhait : bien vieillir en Vendée ».

Ces dernières années ont vu la création et le développement de mesures très concrètes au service des personnes âgées : chèques taxis, téléalarmes, portages de repas, allocation personnalisée à l'autonomie, autant d'initiatives permettant aux anciens de rester plus longuement à domicile, selon leur souhait. Conséquence : l'âge moyen d'entrée en maison de retraite est de 88 ans en Vendée, contre 83 pour le reste de la France.
Dans le même temps, 602 places d'accueil pour les personnes âgées touchées par la maladie d'Alzheimer ont été créées, soit une capacité d'accueil doublée en quatre ans.
Les 60 ans et plus représentent un quart de la population vendéenne

En lien avec 200 acteurs de terrain (élus, bénévoles, professionnels), le nouveau programme « bien vieillir en Vendée » se donne plusieurs objectifs pour les cinq ans qui viennent.

--> Diversifier les services afin de proposer des passerelles entre le domicile, la maison de retraite et l'hospitalisation : « Nous voulons notamment créer des unités d'hébergement temporaire, une aide aux aidants (pour intervenir ponctuellement, notamment la nuit) ou encore ouvrir des services d'accueil d'urgence pour les personnes âgées et amplifier le dispositif des familles d'accueil » souligne le docteur Annick Grolleau, responsable du service des Actions Médico-Sociales.

Deuxième but du plan 2009-2014: adapter l'offre pour les personnes âgées et leurs familles.
« En nous adaptant au maximum à la situation du département, nous pourrons plus facilement répondre aux besoins des anciens et surtout respecter leurs choix » insiste Véronique Besse. L'ouverture et la médicalisation de nouvelles places va ainsi être poursuivie, un prix et un protocole départemental pour la bien-traitance des personnes âgées va voir le jour.

Le soutien en faveur des anciens souffrant de la maladie d'Alzheimer va en outre être accentué, par un travail de prévention en lien avec les médecins traitants : « Plus le repérage est effectué tôt, plus le traitement peut être adapté et efficace ».
Les aidants professionnels et familiaux bénéficieront dorénavant d'une formation « Alzheimer ». Le développement des services de soins infirmiers à domicile et d'hospitalisation à domicile va être amplifié, et de nouvelles places en hébergement temporaire, et en accueil de jour et de nuit vont être créées.

Enfin, une maison départementale de l'autonomie va voir le jour, qui facilitera la vie des personnes en perte d'autonomie, qu'elles soient âgées ou handicapées.

jeudi 18 juin 2009

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ALZHEIMER

Pas besoin d’être médecin pour savoir que la démence atteint le plus souvent des personnes âgées.
Et, alors que de nombreuses maladies neurodégénératives ont été identifiées, la principale cause de démence reste la maladie d’Alzheimer. Depuis 20 ans, de très nombreux travaux scientifiques en ont précisé les mécanismes physiopathologiques, ce qui a abouti à définir ce qui est désormais désigné sous le terme de « processus Alzheimer ».

Les deux principales anomalies histologiques au cours de ce processus sont les dégénérescences neurofibrillaires et les dépôts de plaques amyloïdes. Un des scénarios considère que la présence anormale d’oligomères de protéine amyloïde est délétère pour le fonctionnement synaptique et que l’accumulation conjointe et anormale de fibrilles à l’intérieur des cellules neuronales de certaines zones cérébrales perturbe le fonctionnement et la survie de celles-ci. La relation entre cette cascade amyloïde et les signes cliniques démentiels a été longuement débattue et certains considèrent que ce processus est finalement peu spécifique et pourrait être le destin naturel d’un cerveau âgé. Cependant, un certain nombre d’éléments vont à l’encontre de cette conclusion simpliste.

Certes, la moitié des personnes qui ont la chance de dépasser 90 ans présentent des signes de démence. Mais de nombreux sujets peuvent avoir les lésions histologiques typiques d’Alzheimer sans avoir de signes de démence. Cette discordance n’a toutefois pas eu d’impact sur la théorie actuelle, en raison du peu d’études de cerveau disponibles.

Cependant, le travail qui vient d’être publié dans le New England Journal of Medecine risque de changer notre manière de concevoir la démence du sujet âgé. Cette étude neuropathologique standardisée montre que le « pattern » des lésions neuropathologiques varie selon l’âge et suggère que la démence du « very old » a une physiopathologie différente de celle du « young old ».

Elle a porté sur les cerveaux de 456 patients âgés de 69 à 103 ans, participant à la Medical Research Council Cognitive Function and Ageing Study. Le diagnostic de démence (par le biais d’interrogatoires, du MMS, du Geriatric Mental State–Automated Geriatric Examination for Computer Assisted Taxonomy (GMS-AGECAT), avait pu être porté chez 243 d’entre eux, tandis que186 n’avaient pas de démence et que dans 30 cas, les informations étaient insuffisantes pour conclure. L’évaluation neuropathologique a utilisé les critères CERAD pour quantifier les anomalies de types Alzheimer (plaques diffuses, neuritiques et les dégénérescences neurofibrillaires), les corps de Lewy et les lésions de type vasculaire et l’atrophie a été quantifiée macroscopiquement en 4 stades.

Il a été constaté une forte association entre la présence de plaques neuritiques néocorticales et l’existence d’une démence à l’âge de 75 ans (odds ratio, 8,63; Intervalle de confiance à 95 % [IC95], 3,81 à 19,60) alors que le risque de démence en cas de plaques neuritiques était plus réduit à l’âge de 95 ans (odds ratio, 2,48 ; IC95, 0,92 à 4,14). Il apparaît ainsi plus difficile de prédire une démence à partir de la découverte de lésions de dégénérescence neurofibrillaire dans l’hippocampe chez le sujet très âgé. Par contre, l’atrophie cérébrale était corrélée avec la présence d’une démence aussi bien à l’âge de 75 ans (odds ratio, 5,11; IC95, 1,94- 13,46) que 95 ans (odds ratio, 6,10; IC95, 2,80 -13,28). Ces résultats suggèrent que d’autres facteurs interviennent chez le sujet très âgé.

Les auteurs de ce travail avancent donc une nouvelle théorie : chez le sujet très âgé, la démence serait la conséquence d’une interaction entre les anomalies neuropathologiques, les mécanismes de compensation et la dysfonction synaptique sous-jacente. L’atteinte cognitive chez le sujet âgé dépendrait de facteurs génétiques, développementaux, d’hygiène de vie, d’atteintes acquises du système nerveux, de la réserve cognitive, des mécanismes de compensation et du déclin lié à l’âge.

Ce travail a été commenté dans un éditorial qui a souligné les conséquences importantes de ces observations et l’intérêt des études neuropathologiques chez les sujets très âgés malgré les difficultés rencontrées. Cette nouvelle théorie devra être confrontée aux résultats des différentes études longitudinales avec mesure des biomarqueurs mais aussi aux résultats des essais thérapeutiques limitant le dépôt de protéine amyloïde.




Dr Christian Geny

mercredi 10 juin 2009

LUCAS Jacques
Infirmier coordinateur
gestionnaire de cas
ALZHEIMER





Comment réagir?

Proposez des activités communes, procurant du plaisir, de l’aisance.
Encouragez les initiatives et la participation aux activités quotidiennes (reconnaissance de l’effort fait).
Ne cherchez pas à tout prix à corriger ses erreurs.
Soyez systématique lorsque vous rangez clés, nourriture, vêtements afin de lui permettre de prendre ses repères.
Parlez clairement et distinctement en favorisant des phrases courtes.
En cas de comportement inadéquat, essayez d’éviter de crier ou de vous énerver.
Ne prenez pas pour vous un mot blessant ou un comportement verbalement agressif.
Ne restez pas seul(e), essayez de trouver des soutiens autour de vous.
10 symptômes fréquents

Voici 10 symptômes fréquemment présentés par des patients souffrant de la maladie d’Alzheimer et qui peuvent s’avérer très perturbants pour l’entourage. Les reconnaître permet de les affronter avec (un peu) plus de sérénité.



Oubli des dates et jours
Il s’agit d’un symptôme précoce, souvent considéré à tort comme lié à l’âge.
Idées interprétatives
Vol, intrusion au domicile,... font partie des accusations fréquemment énoncées, même vis-à-vis d’un proche.
Difficultés à accomplir les tâches de la vie quotidienne
Repas réalisés avec moins de soins, vêtements mal lavés,... peuvent également être des signes précurseurs.
Désorientation dans l’espace
Le malade trouve avec difficultés un nouveau chemin ou va jusqu’à se perdre près de chez lui.
Jugement affaibli
Comportement inadapté à la situation: le patient met un manteau en été, un pyjama pour aller se promener.
Difficultés à traiter les questions abstraites
Il éprouve des difficultés à faire ses comptes ou à gérer ses factures.
Objets égarés
Les objets sont rangés dans des endroits inappropriés (exemple: fer à repasser dans le frigo).
Modification de la personnalité
Une personne calme et confiante deviendra coléreuse et méfiante. Une personne enthousiaste et dynamique pourra devenir triste et apathique.
Changement d’humeur et de comportement
La personne passe du rire aux pleurs sans raison apparente.
Négation du problème, d’un fait
Le malade nie, parfois avec force, avoir un trouble de la mémoire.
Les troubles du comportement

L’anxiété
Tout comme les déficits de la mémoire, les troubles et modifications du comportement peuvent être insidieux. Les proches peuvent toutefois être alertés par des changements d’humeur brusques, une anxiété inhabituelle, souvent liée à une certaine prise de conscience du déficit, un désintérêt progressif, une inertie, une indifférence, parfois des manifestations dépressives.



Une personne différente
La personnalité se modifie également: la personne devient plus irritable, coléreuse, pleure ou rit sans cause apparente, peut présenter des idées délirantes (elle se sent persécutée, pense que les autres lui en veulent ou la volent), de l’agressivité (allant des débordements verbaux avec cris et injures aux agressions physiques), voire des hallucinations.



Le sommeil altéré
Les troubles du sommeil sont également fréquents: le rythme veille-sommeil est perturbé voire, à un stade avancé de la maladie, totalement inversé.

Avec la progression de la maladie, des problèmes d’incontinence peuvent apparaître.
D'autres troubles

D'autres troubles se manifestent également.

Les troubles exécutifs: difficulté à planifier et réaliser des tâches complexes (préparer à manger, ranger...).
Les troubles gnosiques: altération de la reconnaissance des objets (ne sait plus à quoi sert une clé...), des couleurs ou des visages.
Les troubles des gestes complexes

Les perturbations gestuelles, ou apraxies, sont généralement plus tardives et concernent surtout les gestes liés à la manipulation d’objets. La personne atteinte a des difficultés à réaliser les gestes de la vie courante. Elle superpose, pour s’habiller, plusieurs vêtements similaires, ne parvient plus à boutonner une veste, à lacer ses chaussures,... Parallèlement, elle devient incapable d’utiliser des objets usuels tels qu’une brosse à dent, un ustensile de cuisine. Elle emploie des objets à d’autres fins, ou ne comprend plus à quoi ils servent (exemple: elle prend une fourchette pour manger sa soupe)
Les troubles du langage

Les troubles du langage varient d’un patient à l’autre et, dans certains cas, peuvent être les premiers symptômes de la maladie. Au début, ils sont minimes: la personne cherche ses mots, et son vocabulaire est appauvri. Par la suite, le malade oublie des mots simples ou les utilise dans un contexte inadapté, n’achève pas ses phrases ou les répète. L'altération de la compréhension ne lui permet plus de suivre ou de tenir une conversation.

Les troubles du langage écrit sont souvent plus précoces que ceux du langage oral. Le malade peut lire mais ne comprend pas tous les mots et ne retient pas grand-chose.
Les troubles de la mémoire

Au début: des oublis bénins
En début de maladie apparaissent des oublis bénins, portant sur des faits courants de la vie quotidienne. Il nous arrive à tous d’oublier un numéro de téléphone usuel ou le nom d’une personne connue. Ces oublis ne sont pas inquiétants, ils sont souvent dus à un manque d’attention, de vigilance, à la fatigue, au surmenage.

Chez une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, ces oublis deviennent plus fréquents et plus évidents et portent principalement sur des faits récents. Ainsi, la personne ne se souvient plus de l’endroit où elle a rangé ses clés ou son porte-monnaie, oublie d’éteindre la cuisinière, de fermer un robinet. A cette étape, la personne atteinte est consciente de ses oublis mais utilise des stratégies pour éviter de reconnaître son déclin intellectuel.



Stade intermédiaire: confusion et désorientation
Ensuite vient l’oubli d’événements tels qu’un rendez-vous important, un appel téléphonique, une visite.

A ces oublis vient s’ajouter une mauvaise orientation dans le temps, avec confusion des jours et des dates. Comme la personne éprouve une grande difficulté à mémoriser de nouvelles informations –alors que les faits anciens, déjà consolidés, sont plus longtemps préservés– elle est amenée à poser plusieurs fois les mêmes questions, mais elle en oublie aussitôt la réponse.



Stade tardif: les souvenirs anciens finissent par être touchés
Après quelques années d’évolution, les troubles de la mémoire s’aggravent et commencent à toucher également les souvenirs anciens, qui s’estompent peu à peu. Lorsque la maladie évolue, les atteintes de la mémoire vont souvent de pair avec des problèmes d’orientation. Ainsi, il arrive fréquemment que des patients souffrant d’Alzheimer se perdent, d’abord sur des routes ou chemins nouveaux ou mal connus, ensuite à proximité même de leur domicile.
Mercredi 10 JUIN 2009
Une maladie qui évolue progressivement

Elle touche d'abord les capacités intellectuelles
Le cerveau régit toutes les fonctions de l’esprit et du corps. Ce sont les fonctions de l’esprit encore appelées cognitives qui sont atteintes par la maladie: mémoire, capacité de jugement, capacité à réaliser des tâches complexes, langage,... Les fonctions du corps, telles que la capacité à se déplacer ou à mouvoir bras et jambes, sont quant à elles préservées plus longtemps.



Le rôle fondamental des neurotransmetteurs
Pour que les milliards de cellules nerveuses du cerveau, les neurones, puissent communiquer entre elles, la présence de substances chimiques, appelées neurotransmetteurs, est indispensable. Parmi ces neurotransmetteurs figure l’acétylcholine, qui est impliqué dans tous les mécanismes de mémorisation.

Les malades d’Alzheimer ont moins d’acétylcholine dans leur cerveau que les autres. Il semble également qu’il y ait chez eux un excès de glutamate (ou une trop grande sensibilité à ce dernier), également responsable des troubles cognitifs.



Une évolution progressive des symptômes
Les premiers symptômes s’installent progressivement et passent fréquemment inaperçus. Ils sont souvent considérés par l’entourage, famille et amis, comme faisant partie du vieillissement normal. Cependant des oublis répétés, des comportements anormalement anxieux, des idées interprétatives doivent pousser à consulter un médecin. Ceci d’autant plus que le patient n’est souvent pas conscient de ses déficits et qu’il ne s’en plaint pas spontanément.

jacques LUCAS
10 JUIN 2009
Ne pas minimiser les symptômes

Malheureusement, le diagnostic est souvent posé (trop) tardivement et la maladie est même parfois ignorée. On estime à 50 % le nombre de patients atteints de démence qui ne sont pas reconnus comme tels. L’entourage minimise souvent les symptômes en les mettant, à tort, sur le compte de l’âge. Le malade lui-même n’est souvent pas conscient de ses difficultés ou nie ses troubles. Pourtant, il est admis aujourd’hui que plus tôt la maladie est décelée, plus vite un traitement peut être mis en place afin de prolonger l’autonomie du malade et de mieux orienter les soins.

Jacques LUCAS
Travailler plus longtemps, un mode de prévention contre la maladie?


Selon des chercheurs britanniques, les personnes différant leur départ à la retraite retarderaient également les risques de déclarer la maladie d’Alzheimer

Le travail, c’est la santé! Il y a quelques années, certaines études avaient déjà démontré qu’un haut niveau d’éducation permettait de retarder la dégradation des capacités cognitives des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. De nouveaux travaux viennent souligner que la stimulation intellectuelle est un rempart efficace contre l’apparition des premiers symptômes. Pour une étude britannique, dont les résultats viennent d’être publiés dans l’International Journal of Geriatric Psychiatry, des chercheurs se sont intéressés à 382 personnes âgées atteintes de démence. Le panel était exclusivement composé d’hommes.

Actif plus longtemps = malade plus tard


Après s’être penchés sur l’évolution de la maladie d’Alzheimer chez ces patients, ils ont constaté que le maintien d’une activité professionnelle avait des effets protecteurs: les personnes ayant travaillé au-delà de l’âge prévu de leur retraite avaient généralement déclaré les premiers symptômes après ceux qui avaient cessé leur activité professionnelle de manière anticipée. Selon l’étude, chaque année de travail supplémentaire a permis de retarder l’apparition de la maladie de 6 semaines en moyenne. Les auteurs des travaux reconnaissent qu’il faudrait des analyses supplémentaires pour déterminer les mécanismes ayant freiné la maladie. Mais ils estiment que la stimulation intellectuelle induite par une activité professionnelle pourrait préserver les capacités mentales, et ainsi retarder les premiers symptômes.

Maintenir le niveau de sa «réserve cognitive»


Selon les scientifiques qui ont réalisé cette étude, chaque personne bénéficierait d’une «réserve cognitive». Constituée de la somme des connaissances et du savoir-faire acquis durant l’existence, celle-ci ferait office de barrage à la maladie, à condition de l’entretenir et de l’alimenter le plus longtemps possible. L’étude ne rentre pas dans les détails concernant les activités accomplies par ces seniors un peu zélés. Mais il paraît évident que pointer chaque matin chez son employeur ne garantira pas une assurance anti-Alzheimer. Certains patients ressentent même parfois les premiers troubles de la maladie alors qu’ils mènent encore une brillante carrière.

Et même si, comme le suggère l’étude britannique, le travail apporte un bénéfice, les personnes qui ont choisi de profiter d’une retraite bien méritée ne doivent pas s’inquiéter: l’essentiel est de conserver une vie intellectuelle et sociale suffisamment riche pour stimuler l’activité de son cerveau. Comme le font remarquer les responsables de ces travaux, certains sont d’ailleurs parfois intellectuellement plus actifs à la retraite que lorsqu’ils exerçaient une profession.

Jonathan Barbier
10/06/2009

L’hypoglycémie augmente-t-elle les risques de démence?

Une étude américaine établit un parallèle entre les épisodes d’hypoglycémies sévères et l’apparition d’une démence. Les patients atteints d’un diabète de type 2 seraient particulièrement exposés.

Une hypoglycémie correspond à une diminution du taux de glucose dans le sang. Insuffisance d’apport sucré dans l’organisme, quantité trop importante d’insuline dans le sang ou encore médicaments délivrés dans le cadre d’un traitement contre le diabète: les causes d'hypoglycémie sont diverses. Les symptômes, qui apparaissent de manière brutale, peuvent varier en intensité: état de fatigue, troubles de la vision et de l’équilibre, tremblements, problèmes de concentration, transpiration et palpitations cardiaques pouvant conduire à l’évanouissement.

Le danger des hypoglycémies sévères


Selon une étude scientifique américaine publiée il y a quelques semaines, l’hypoglycémie pourrait avoir une autre conséquence redoutable. D’après les chercheurs, les épisodes sévères, nécessitant une hospitalisation, constituent un facteur de risque de démence - et donc de maladie d’Alzheimer – chez les personnes âgées diabétiques de type 2. Pour aboutir à cette conclusion, l’étude s’est intéressée au cas de 16 667 patients diabétiques de type 2, âgés de 65 ans ou plus, ayant été hospitalisés entre 1980 et 2002. Résultat: 17% des personnes ayant connu au moins un épisode d’hypoglycémie sévère avaient développé, quelques années plus tard, une démence. Selon les auteurs de cette étude, les patients ayant été victimes de ce type de malaise présenteraient un risque de démence majoré de 26%. Un chiffre qui atteint 80% s’ils ont subi deux épisodes sévères, et 100% s’il en ont vécu trois.

Une agression des fonctions intellectuelles


Les chercheurs ne détaillent pas les mécanismes expliquant le lien entre démence et hypoglycémie. Mais certaines études ont déjà révélé que ces malaises altèrent les fonctions intellectuelles: ils peuvent provoquer la mort de certaines cellules du cerveau actives dans l’apprentissage et le processus de mémoire. Ils ralentissent également la circulation du sang dans plusieurs zones du cerveau.
Quoi qu'il en soit, les auteurs de l’étude préconisent une vigilance par rapport au contrôle du taux de glycémie dans le sang. Le médecin traitant devra veiller à ce que celui de son patient reste à un niveau adéquat, pour éviter les hypoglycémies.

Et les hypoglycémies moins sévères?


Si l’impact des hypoglycémies sévères sur les risques de démence semble établi par cette étude de grande ampleur, les effets des formes les moins graves, qui sont aussi les plus répandues, restent inconnues. Pour l’heure, aucune recherche n’a permis d’indiquer qu’elles étaient susceptibles de favoriser l’apparition d’une démence de type Alzheimer.

Jonathan Barbier

mardi 2 juin 2009

reponse aux derniers messages des maisons de retraite

La maltraitance "obligatoire" dans les maisons de retraite françaises
Le 27 mai 2009
Oui, il y a pénurie de personnel aide soignant et infirmier dans la plupart des établissements, même les plus chers. Les budgets et les dotations sont insuffisants, mais aussi ce personnel est mal considéré, mal payé, toujours sur la touche. Tous les « critiqueurs » médiatiques et politiques devraient vraiment passer une ou deux journées à suivre une A.S. dans une maison de retraite provinciale pour comprendre…Au fond, tout le monde hurle mais personne n'est prêt à donner de sa poche (un impôt spécial par ex.) pour financer correctement ce problème. Les médias lâchent leurs chiens régulièrement et se donnent bonne conscience en accusant les cas de maltraitance qui ont pu être observés...Viendra un temps où personne ne voudra travailler dans ces conditions et les familles devront se débrouiller ou les vieux mourir seuls et sales... Expérimenté dans ce domaine, je suis moi aussi écoeuré et découragé !

La boucle horrible est bouclée
Le 28 mai 2009
Les premiers maltraitants de France sont les organismes payeurs qui n'accordent pas des prix suffisants pour l'emploi de personnels qualifiés. Comme ces organismes payeurs sont également chargés de réprimer la maltraitance qu'ils ont ainsi créée, la boucle horrible est bouclée. Il ne s'agit plus que de trouver quelques boucs émissaires pour distraire l'attention et garder bonne conscience.

Michel Alix

Un jour...
Le 28 mai 2009
Oui, la maltraitance est dû en partie à la mauvaise formation des employés, bien souvent à la jeunesse du personnel, aux personnels stressés qui ne tiennent pas le rythme, bousculés et mal payés en plus d'être mal formés.
Ce n'est pas une raison. Un jour vous serez vieux aussi.

Jacques Lucas


Ces établissements se sont fermés sur eux-mêmes
Le 29 mai 2009
Les conventions tripartites qui ont fermé les EHPAD aux infirmiers libéraux, pour des raisons économiques, bien sûr, ont fait aussi que ces établissements se sont fermés sur eux-mêmes, qu'il n'y avait plus ces entrées permanentes de professionnels de santé de ville et que évidemment entre soi on peut faire ce que l'on croit le mieux pour l'établissement employeur, en toute illégalité, soit par ignorance soit par calcul. Du personnel non qualifié est forcément amené à faire en toute impunité, voire même avec reconnaissance, des soins infirmiers: pansement, glycémie, injection d'insuline. Tout le monde le sait, et on continue à faire des textes pour le respect de la personne dépendante.
Je crois que ce genre de conduite porte un nom qui pourrait paraître grossier mais qui l'est beaucoup moins que toute cette politique.

Luce Simon (infirmière Libérale)

vendredi 29 mai 2009

Article du 29 mai 2009
Maladie d'Alzheimer: les aidants crient à l'aide
Ils se bourrent de tranquillisants, n'ont plus de vie sociale, ne trouvent même plus le temps de se soigner. Ils souffrent de prendre en charge un proche atteint d'un handicap ou d'une maladie chronique. Les aidants familiaux et leurs besoins de répit étaient au centre d'un colloque international (1) qui s'est tenu cette semaine à Evry (Essonne).

Structures d'accueil temporaire des malades, travailleurs à domicile... Pendant trois jours, une trentaine de pays ont rapporté leurs expériences de tous les dispositifs qui permettent de soulager l'entourage, notamment dans le cadre de la maladie d'Alzheimer, en croissance épidémique dans les pays riches. De quoi mesurer le retard français, et le décalage entre les discours politique et la réalité.

En Suède, un des pays leaders dans l'aide aux aidants, les systèmes de répit sont multiples. «Des services d'accueil temporaire sont maintenant disponibles dans pratiquement toutes les 290 municipalités suédoises», note ainsi Lennarth Johansson. Les services d'aide à domicile (tant pour la toilette et les repas que pour le déneigement ou le jardinage) sont aussi très répandus. Quant aux aidants familiaux, ils sont reconnus par la loi et reçoivent des subventions. Quelques municipalités leur offrent même des week-ends de répit, avec «un séjour dans un hôtel dans une station thermale, pour réduire leur stress et prendre du temps pour eux».

En Angleterre, où la première loi pour les aidants a été votée en 1995, les spécialistes en sont à faire le bilan des multiples structures d'accueil temporaires existantes, pour déterminer les plus adaptées.

En France, où elle touche 850 000 personnes, dont les deux tiers vivent à domicile, la maladie d'Alzheimer a été labellisée «grande cause nationale 2007» le 21 septembre. Depuis 2001, la création de multiples places d'hébergement est régulièrement annoncée, dans le cadre de plans spécifiques ou à l'occasion du plan «solidarité grand âge». Les proches de ces malades devraient aussi bénéficier, à partir de janvier 2007, des «congés dépendances» (congés sans solde de trois mois), annoncés en juillet à la conférence de la famille. Mais si l'Alzheimer est omniprésent dans le discours politique, c'est toujours autant la galère pour les familles.

«La réalité, c'est que la France est sous-développée dans la reconnaissance des aidants, accuse le Dr Philippe Thomas, psychogériatre au CHU de Limoges.Selon des données de 2004, la collectivité nationale octroie 6 000 euros d'aide par an pour le maintien à domicile d'une personne dépendante. C'est deux fois moins que l'Angleterre, trois fois moins que la Finlande. L'accent a été mis sur des hébergements définitifs, pour des raisons d'emplois. Mais les systèmes d'accueil temporaire sont nettement insuffisants.» Un constat de carence partagé par Alain Villez, conseiller technique à l'Uniopss (2). «Le premier centre d'accueil de jour a été cré en France en 1975. Depuis, l'offre reste confidentielle», note-t-il, regrettant que la réglementation confonde les accueils temporaires (où les malades séjournent quelques jours ou semaines) et ceux de jour (destinés à stimuler les patients, mais pas à les héberger). En 2006, seulement 2 900 places d'accueil de jour dans des structures spécifiques existante, selon l'association Médéric Alzheimer. «Il y a aussi quelques 5 000 places d'accueil à la journée en maison de retraite. Mais chaque établissement offre une à trois places. C'est du saupoudrage»