mardi 13 mars 2012
lundi 12 mars 2012
Un remède contre la démence freine Alzheimer
P
Publié le 7 mars 2012
Un médicament très utilisé pour traiter des formes modérées de démence dont Alzheimer, s'est révélé également efficace pour freiner cette maladie à un stade plus avancé, contrairement à ce que l'on pensait jusqu'à présent, révèle une étude publiée mercredi.
Si les malades qui sont à ce stade plus avancé de la maladie continuaient à prendre ce médicament, l'Aricept, cela permettrait de ralentir les effets les plus néfastes de cette dégénérescence mentale irréversible de deux fois plus de personnes dans le monde, estiment les auteurs de cette étude. Rappel : Alzheimer touche 18 millions de personnes dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé. Durant l'essai clinique conduit pour cette étude, les patients qui ont continué à prendre l'Aricept (donépézil) ont connu un déclin considérablement moindre de leurs capacités cognitives, de mémorisation, d'orientation et d'expression orale que ceux sous placebo, soulignent ces chercheurs, dont le professeur Robert Howard du King's College London au Royaume-Uni, principal auteur de l'étude.
"Les effets bénéfiques constatés en poursuivant un traitement avec l'Aricept ont été cliniquement importants et supérieurs à ce qui avait été observé chez des patients atteints d'une forme moins aiguë d'Alzheimer", ajoutent ces médecins. "Alors que les malades avancent vers des formes plus graves d'Alzheimer, les médecins sont confrontés à la décision difficile de continuer à les traiter avec l'Aricept car jusqu'à présent il y avait peu d'indications cliniques pour les guider", explique le Dr Howard. "Maintenant, pour la première fois, nous disposons d'indications solides et irréfutables que ce médicament aide les patients à des stades plus avancés et graves de cette maladie".
mardi 14 février 2012
Les soins d'escarre (1/3)
Les soins d'escarre
SOMMAIRE
Les soins d'escarre
La prise en charge générale
Dr Géraldine Perceau, Isabelle Fromantin
L'escarre est une des plaies chroniques les plus fréquemment traitées en ville, après l'ulcère veineux. Elle touche les populations les plus vulnérables (âgées, handicapées, en perte d'autonomie) et rend de ce fait l'évolution vers la cicatrisation difficile car ces malades présentent le plus souvent des facteurs de retard de cicatrisation multiples.
L'idéal est donc de prévenir l'apparition des escarres. Des échelles d'évaluation (ex. : Braden, Norton) peuvent aider à évaluer si le patient doit être considéré « à risque », mais ne remplace pas pour autant le jugement clinique du soignant.
Les mesures de prévention sont efficaces lorsqu'elles sont menées dans un même temps, coordonnées entre les différents intervenants qui « gravitent » autour du patient (infirmière, auxiliaire de vie, médecin),
et lorsqu'elles sont répétées.
Elles consistent essentiellement à réduire les zones d'hyperpression par l'installation de supports (matelas, coussins) associés à des changements de positions, à tenter de corriger les autres facteurs de risque tels que la dénutrition, et à préserver une hygiène cutanée optimum (propreté, hydratation).
Le choix du support doit tenir compte de l'importance du risque (faible, modéré, élevé), mais aussi du patient (ex. : taille, souhait), de son habitat (ex. : lit double), et de ses ressources. Il faut en effet être vigilant à ne pas prévenir un risque au détriment d'un autre (ex. : chutes), ou à ne pas changer trop brutalement des habitudes de vie (matériel et affective). Ce choix est subtil et ne se résume pas à un simple rapport pression/réduction. Il doit faire l'objet d'un interrogatoire préalable avec le patient (+/- son entourage).
Les stades, l'évaluation clinique, les pièges diagnostiques, et la prise en charge spécifique
Les mécanismes de l'escarre sont complexes, associant une pression prolongée sur les tissus situés entre un plan dur et une saillie osseuse, mais aussi des forces de cisaillement (qui étirent les tissus notamment les vaisseaux) et de frottement, ainsi que la macération (pour certaines localisations). Suivant le contexte, ces facteurs s'additionnent pour conduire à une lésion tissulaire appelée escarre.
La classification actuelle des escarres comprend 4 stades (NPUAP, EPUAP 2009)(2). Cette classification permet la mise en oeuvre d'actions adaptées et le suivi des escarres. La classification permet aussi, dans un autre contexte que le soin, des études épidémiologiques. Pour tous les stades, la mise en décharge est indispensable.
Une escarre peut évoluer vers un stade supérieur, en revanche une escarre ne peut régresser vers un stade inférieur.
Elle cicatrise mais reste nommée par son stade initial le plus grave. Les localisations les plus fréquentes sont le sacrum, les talons et les ischions.
o Le stade 1 correspond à un érythème (en regard d'une saillie osseuse) qui ne blanchit pas à l'appui (avec le doigt ou avec un verre de montre - figure 1). A ce stade, la mise en décharge peut permettre une régression de la lésion. L'érythème qui disparait à la pression peut correspondre à un stade précédent l'escarre, appelé stade 0 dans certaines classifications. Les diagnostics différentiels de l'escarre de stade 1 sont nombreux et variables selon la localisation.
: escarre stade 1.
Le problème se pose surtout au niveau du périnée : une escarre de stade 1 (sacrum, ischion...) peut être confondue ou associée à :
- une mycose (pustules, et desquamation associées, contexte de diabète, antibiothérapie - figure 2),
: mycose du périné.
- une macération liée à des exsudats importants ou une incontinence urinaire (érosions et blanchiment de la peau associés - figure 3),
: macération et érosions en périphérie d'escarres.
- une dermite caustique (érythème très vif et érosions) liée à un antiseptique, un adhésif ou des selles acides,
- une allergie de contact à un topique ou un pansement (vésicules, desquamation, et extension à distance possible).
La réalisation d'un prélèvement mycologique, la gestion des exsudats et de l'incontinence, l'utilisation de protecteurs cutanés et de produits doux et neutres contribue à l'amélioration de ces altérations cutanées.
Enfin, une infection cutanée (un érysipèle ou une dermo-hypodermite bactérienne (encore appelée cellulite - ) ou une lymphangite) peut aussi commencer par une rougeur, soit isolée sur une saillie osseuse, soit en périphérie d'une escarre (et ne doit alors pas être confondue avec une aggravation de l'escarre préexistante). Dans ce cas, il faut entourer la rougeur, surveiller la température et la CRP, et mettre en décharge.
rougeur extensive et fièvre autour d'une escarre de stade 4 : dermohypodermite bactérienne.
o Le stade 2 correspond à une phlyctène claire ou hématique (stade 2b), c'est-à-dire une atteinte dermo-épidermique. Lorsque le toit de la phlyctène est rompu, ces lésions se présentent souvent sous la forme d'une érosion ou d'une ulcération superficielle sur une saillie osseuse. En pratique, le diagnostic est facile, mais au stade de phlyctène ou d'érosions, suivant le contexte clinique, le nombre et la localisation des lésions, certaines dermatoses bulleuses peuvent être évoquées (pemphigoïde bulleuse, bulles liées aux oedèmes, dishydrose bulleuse, impétigo bulleux, bullose des diabétiques, porphyrie et pseudoporphyrie des hémodialysés...).
Au stade 2, le traitement est médical.
o Le stade 3 correspond à une nécrose de la peau allant du derme profond à l'hypoderme, sans atteinte des fascias, muscles, tendons ou os. A ce stade, si l'escarre n'est pas détergée, il est parfois impossible de trancher entre un stade 3 et un stade 4. Les lésions peuvent avoir plusieurs aspects suivant la phase de la plaie. Initialement, elle se présente comme une nécrose noire sèche son ramollissement va la faire évoluer vers une plaie fibrino-nécrotique, puis fibrineuse pour tendre vers une plaie bourgeonnante
Avec la détersion, la plaie se creuse et donne un sentiment d'aggravation.
Souvent, cette escarre apparait sous la forme d'une cavité dont l'orifice de sortie est plus étroit que la lésion sous jacente, ce d'autant que des décollements sont possibles, en particulier au niveau du périnée (figure 9). Au stade 3, la détersion est souvent médicale, mais une détersion chirurgicale peut se discuter dans les formes profondes, en particulier chez les blessés médullaires ou en cas d'abcèdation. Une fois la détersion effectuée, un traitement par pression négative se discute en cas de lésion profonde. La chirurgie de couverture ou de fermeture est réservée, notamment, aux blessés médullaires lors de lésions profondes. La détersion est contre indiquée au membre inférieur (au membre supérieur aussi) en cas d'ischémie artérielle (artériopathie obliterante).
o Le stade 4 correspond à une atteinte des fascias, muscles, tendons, ou os (figure 10). Il est authentifié au cours de la détersion, car au stade de nécrose sèche (sauf si elle est très étendue), il est difficile de l'affirmer.
Ce stade est particulièrement délicat car il expose à des complications infectieuses graves.
La détersion est l'élément crucial et peut se faire médicalement ou chirurgicalement. Une prise en charge chirurgicale peut être indiquée en urgence pour une infection (abcès, fièvre, suppuration, aggravation..), sauf en fin de vie, et doit permettre des prélèvements bactériologiques profonds (tissus, tendons, os...).
En dehors de l'urgence, la prise en charge chirurgicale et son type (parage, prélèvements, suture, lambeau avec ou sans TPN...) sont discutés, si possible en consultation multidisciplinaire, sur la base d'éléments psychosociaux, médicaux (comorbidité, contexte), biologiques (état nutritionnel en particulier), et radiologiques orientés (radiographie standard, scanner, IRM, scintigraphie).
La prise en charge chirurgicale est souvent non retenue chez le patient âgé.
Cette prise en charge chirurgicale est souvent indispensable, notamment pour les blessés médullaires et les spina bifida, et est souvent limitée (parage et biopsie osseuse, antibiothérapie, + /- TPN) voire non retenue (car inutile, inadaptée, ou dangereuse) chez les personnes âgées. Elle se discute enfin dans d'autres cas intermédiaires (la décision pouvant évoluer avec le contexte clinique).
Les diagnostics différentiels des escarres de stades 3 et 4 sont variables suivant que l'on est devant une plaie nécrotique, fibrineuse ou bourgeonnante. Le réel problème est le stade de nécrose, et même si les lésions surviennent sur des zones de pression, il ne faut pas méconnaître la lésion infectieuse potentiellement grave qu'est la fasciite nécrosante (qui peut survenir presque partout où il y a des fascias musculaires), ou la gangrène de fournier au périnée. D'autres diagnostics, moins rares, comme les hématomes sous anticoagulant, les lésions ischémiques des membres inférieurs (souvent combinées aux lésions de type escarre - figure 11), l'angiodermite nécrotique à la jambe souvent post traumatique, la calciphylaxie dans un contexte d'hémodialyse (nécrose des membres ou zones de pannicule adipeux), les nécroses rares (CIVD, Purpura fulminans, nécroses aux AVK, déficit en protéine C ou S.....) peuvent être trompeurs, mais le contexte et l'histoire clinique permettent le plus souvent de faire le diagnostic.
SOMMAIRE
Les soins d'escarre
La prise en charge générale
Dr Géraldine Perceau, Isabelle Fromantin
L'escarre est une des plaies chroniques les plus fréquemment traitées en ville, après l'ulcère veineux. Elle touche les populations les plus vulnérables (âgées, handicapées, en perte d'autonomie) et rend de ce fait l'évolution vers la cicatrisation difficile car ces malades présentent le plus souvent des facteurs de retard de cicatrisation multiples.
L'idéal est donc de prévenir l'apparition des escarres. Des échelles d'évaluation (ex. : Braden, Norton) peuvent aider à évaluer si le patient doit être considéré « à risque », mais ne remplace pas pour autant le jugement clinique du soignant.
Les mesures de prévention sont efficaces lorsqu'elles sont menées dans un même temps, coordonnées entre les différents intervenants qui « gravitent » autour du patient (infirmière, auxiliaire de vie, médecin),
et lorsqu'elles sont répétées.
Elles consistent essentiellement à réduire les zones d'hyperpression par l'installation de supports (matelas, coussins) associés à des changements de positions, à tenter de corriger les autres facteurs de risque tels que la dénutrition, et à préserver une hygiène cutanée optimum (propreté, hydratation).
Le choix du support doit tenir compte de l'importance du risque (faible, modéré, élevé), mais aussi du patient (ex. : taille, souhait), de son habitat (ex. : lit double), et de ses ressources. Il faut en effet être vigilant à ne pas prévenir un risque au détriment d'un autre (ex. : chutes), ou à ne pas changer trop brutalement des habitudes de vie (matériel et affective). Ce choix est subtil et ne se résume pas à un simple rapport pression/réduction. Il doit faire l'objet d'un interrogatoire préalable avec le patient (+/- son entourage).
Les stades, l'évaluation clinique, les pièges diagnostiques, et la prise en charge spécifique
Les mécanismes de l'escarre sont complexes, associant une pression prolongée sur les tissus situés entre un plan dur et une saillie osseuse, mais aussi des forces de cisaillement (qui étirent les tissus notamment les vaisseaux) et de frottement, ainsi que la macération (pour certaines localisations). Suivant le contexte, ces facteurs s'additionnent pour conduire à une lésion tissulaire appelée escarre.
La classification actuelle des escarres comprend 4 stades (NPUAP, EPUAP 2009)(2). Cette classification permet la mise en oeuvre d'actions adaptées et le suivi des escarres. La classification permet aussi, dans un autre contexte que le soin, des études épidémiologiques. Pour tous les stades, la mise en décharge est indispensable.
Une escarre peut évoluer vers un stade supérieur, en revanche une escarre ne peut régresser vers un stade inférieur.
Elle cicatrise mais reste nommée par son stade initial le plus grave. Les localisations les plus fréquentes sont le sacrum, les talons et les ischions.
o Le stade 1 correspond à un érythème (en regard d'une saillie osseuse) qui ne blanchit pas à l'appui (avec le doigt ou avec un verre de montre - figure 1). A ce stade, la mise en décharge peut permettre une régression de la lésion. L'érythème qui disparait à la pression peut correspondre à un stade précédent l'escarre, appelé stade 0 dans certaines classifications. Les diagnostics différentiels de l'escarre de stade 1 sont nombreux et variables selon la localisation.
: escarre stade 1.
Le problème se pose surtout au niveau du périnée : une escarre de stade 1 (sacrum, ischion...) peut être confondue ou associée à :
- une mycose (pustules, et desquamation associées, contexte de diabète, antibiothérapie - figure 2),
: mycose du périné.
- une macération liée à des exsudats importants ou une incontinence urinaire (érosions et blanchiment de la peau associés - figure 3),
: macération et érosions en périphérie d'escarres.
- une dermite caustique (érythème très vif et érosions) liée à un antiseptique, un adhésif ou des selles acides,
- une allergie de contact à un topique ou un pansement (vésicules, desquamation, et extension à distance possible).
La réalisation d'un prélèvement mycologique, la gestion des exsudats et de l'incontinence, l'utilisation de protecteurs cutanés et de produits doux et neutres contribue à l'amélioration de ces altérations cutanées.
Enfin, une infection cutanée (un érysipèle ou une dermo-hypodermite bactérienne (encore appelée cellulite - ) ou une lymphangite) peut aussi commencer par une rougeur, soit isolée sur une saillie osseuse, soit en périphérie d'une escarre (et ne doit alors pas être confondue avec une aggravation de l'escarre préexistante). Dans ce cas, il faut entourer la rougeur, surveiller la température et la CRP, et mettre en décharge.
rougeur extensive et fièvre autour d'une escarre de stade 4 : dermohypodermite bactérienne.
o Le stade 2 correspond à une phlyctène claire ou hématique (stade 2b), c'est-à-dire une atteinte dermo-épidermique. Lorsque le toit de la phlyctène est rompu, ces lésions se présentent souvent sous la forme d'une érosion ou d'une ulcération superficielle sur une saillie osseuse. En pratique, le diagnostic est facile, mais au stade de phlyctène ou d'érosions, suivant le contexte clinique, le nombre et la localisation des lésions, certaines dermatoses bulleuses peuvent être évoquées (pemphigoïde bulleuse, bulles liées aux oedèmes, dishydrose bulleuse, impétigo bulleux, bullose des diabétiques, porphyrie et pseudoporphyrie des hémodialysés...).
Au stade 2, le traitement est médical.
o Le stade 3 correspond à une nécrose de la peau allant du derme profond à l'hypoderme, sans atteinte des fascias, muscles, tendons ou os. A ce stade, si l'escarre n'est pas détergée, il est parfois impossible de trancher entre un stade 3 et un stade 4. Les lésions peuvent avoir plusieurs aspects suivant la phase de la plaie. Initialement, elle se présente comme une nécrose noire sèche son ramollissement va la faire évoluer vers une plaie fibrino-nécrotique, puis fibrineuse pour tendre vers une plaie bourgeonnante
Avec la détersion, la plaie se creuse et donne un sentiment d'aggravation.
Souvent, cette escarre apparait sous la forme d'une cavité dont l'orifice de sortie est plus étroit que la lésion sous jacente, ce d'autant que des décollements sont possibles, en particulier au niveau du périnée (figure 9). Au stade 3, la détersion est souvent médicale, mais une détersion chirurgicale peut se discuter dans les formes profondes, en particulier chez les blessés médullaires ou en cas d'abcèdation. Une fois la détersion effectuée, un traitement par pression négative se discute en cas de lésion profonde. La chirurgie de couverture ou de fermeture est réservée, notamment, aux blessés médullaires lors de lésions profondes. La détersion est contre indiquée au membre inférieur (au membre supérieur aussi) en cas d'ischémie artérielle (artériopathie obliterante).
o Le stade 4 correspond à une atteinte des fascias, muscles, tendons, ou os (figure 10). Il est authentifié au cours de la détersion, car au stade de nécrose sèche (sauf si elle est très étendue), il est difficile de l'affirmer.
Ce stade est particulièrement délicat car il expose à des complications infectieuses graves.
La détersion est l'élément crucial et peut se faire médicalement ou chirurgicalement. Une prise en charge chirurgicale peut être indiquée en urgence pour une infection (abcès, fièvre, suppuration, aggravation..), sauf en fin de vie, et doit permettre des prélèvements bactériologiques profonds (tissus, tendons, os...).
En dehors de l'urgence, la prise en charge chirurgicale et son type (parage, prélèvements, suture, lambeau avec ou sans TPN...) sont discutés, si possible en consultation multidisciplinaire, sur la base d'éléments psychosociaux, médicaux (comorbidité, contexte), biologiques (état nutritionnel en particulier), et radiologiques orientés (radiographie standard, scanner, IRM, scintigraphie).
La prise en charge chirurgicale est souvent non retenue chez le patient âgé.
Cette prise en charge chirurgicale est souvent indispensable, notamment pour les blessés médullaires et les spina bifida, et est souvent limitée (parage et biopsie osseuse, antibiothérapie, + /- TPN) voire non retenue (car inutile, inadaptée, ou dangereuse) chez les personnes âgées. Elle se discute enfin dans d'autres cas intermédiaires (la décision pouvant évoluer avec le contexte clinique).
Les diagnostics différentiels des escarres de stades 3 et 4 sont variables suivant que l'on est devant une plaie nécrotique, fibrineuse ou bourgeonnante. Le réel problème est le stade de nécrose, et même si les lésions surviennent sur des zones de pression, il ne faut pas méconnaître la lésion infectieuse potentiellement grave qu'est la fasciite nécrosante (qui peut survenir presque partout où il y a des fascias musculaires), ou la gangrène de fournier au périnée. D'autres diagnostics, moins rares, comme les hématomes sous anticoagulant, les lésions ischémiques des membres inférieurs (souvent combinées aux lésions de type escarre - figure 11), l'angiodermite nécrotique à la jambe souvent post traumatique, la calciphylaxie dans un contexte d'hémodialyse (nécrose des membres ou zones de pannicule adipeux), les nécroses rares (CIVD, Purpura fulminans, nécroses aux AVK, déficit en protéine C ou S.....) peuvent être trompeurs, mais le contexte et l'histoire clinique permettent le plus souvent de faire le diagnostic.
Les soins d'escarre
Les soins d'escarre (2/3)
SOMMAIRE
Les traitements locaux
Les soins d'escarre de stade 1 se différencient des autres stades étant donné qu'il n'y a pas de rupture cutanée. La peau doit être nourrie et hydratée sur les zones en souffrance, sans être massée ou pétrie (risque d'aggravation). L'utilisation d'huile peroxydée de type Sanyrène® ou Linovera® (non remboursées), est alors indiquée et appréciée par les patients et les soignants (odeur agréable, bonne pénétration). L'application de crème en couche épaisse n'est pas recommandée car elle est inutile, et induit l'application de pansements le plus souvent épais (type « américain ») qui risquent d'augmenter encore davantage l'hyperpression. Parfois, des pansements fins et transparents type film semi perméable (ex. : Tegarderm®) ou hydrocolloïde fin (ex. : Algoplaque® Film) ou encore Hypafix® Transparent (non stérile) et Leukomed® T (stérile) peuvent être appliqués dans un but protecteur (« 2e peau »).
Si la plaie est constituée (> escarre stade 1), la décontamination et le nettoyage sont réalisés le plus souvent à l'eau (+/- savon) lors de la toilette, ou au sérum physiologique.
L'escarre est une plaie chronique et naturellement colonisée nécessitant des soins dits « propres ».
En cas de survenue d'une infection locale, l'application d'antimicrobiens sur une période limitée (8 à 10 jours environ) doit être discutée avec le médecin.
De nouveaux dispositifs permettent d'éliminer les bactéries sans principes actifs. En effet, grâce à ses propriétés hydrophobes, les micro-organismes adhèrent aux fibres de ce pansement et sont éliminés de la plaie lorsque le pansement est changé. D'autres produits, tels que le Prontosan® (non remboursé) sont proposés pour nettoyer plus efficacement la plaie en contrôlant l'équilibre bactérien sous ses différentes formes : bactéries circulantes (le plus souvent pris en considération), ou organisées en mode biofilm. Ces deux cibles d'action font du Prontosan® un produit original et particulièrement intéressant pour les plaies chroniques, stagnantes ou aggravées par des épisodes infectieux répétés potentiellement imputables à la présence de biofilm.
Si l'escarre est superficielle, elle peut être traitée :
1) avec un hydrocolloïde qui ne sera changé qu'à saturation, lorsque le pansement se délite,
2) un hydrocellulaire fin (ex. : Mepilex® e.m, Allevyn®),
3), une interface (ex. : Adaptic® siliconé) recouverte de compresses. Le choix d'une technique par rapport à une autre doit prendre en compte la disponibilité des produits, la fréquence des soins, et le maintien du pansement en place selon le site soigné (talon, sacrum).
Si l'escarre est plus profonde (> stade 2), le soin va dépendre du stade d'évolution de la plaie, si elle est en phase de détersion (présence de nécrose, de fibrine épaisse), ou de bourgeonnement.
L'escarre nécrotique doit être débridée, excepté s'il s'agit d'une plaie à composante artérielle (ex. : escarre talonnière chez un patient artéritique). La détersion mécanique doit être privilégiée car elle permet de raccourcir efficacement cette première phase de cicatrisation. Bien sur, elle peut être complétée (avant, après) par l'application d'hydrogel (ex. : Intrasite® gel) ou de pansements irrigo absorbants type Hydroclean®. Le principe de ces produits est d'apporter un excès d'humidité sur la plaie afin de ramollir la nécrose jusqu'au délitement. Ce mode de détersion (dit « autolytique ») a des limites, notamment si la nécrose est trop épaisse.
L'hydrogel n'est donc pas un substitutif moderne à la détersion mécanique, mais un produit adapté à la phase de détersion.
A cette étape, comme en phase de bourgeonnement, il est aussi possible d'appliquer des fibres de CMC (Aquacel®) ou alginate (Curasorb®, remboursé depuis 2011), qui vont contrôler idéalement le taux d'humidité sur la plaie pour en permettre la bonne évolution. Rappelons à cette occasion que les alginates ont des propriétés hémostatiques appréciables après un geste de débridement.
Des nouveaux sets de soin de détersion devraient être prochainement mis sur le marché, sous réserve qu'un accord tarifaire soit trouvé entre la CEPS3 et les fabricants. Il est prévu que ces sets contiennent davantage de matériel (curettes, bistouris), mais plus de pansement primaire (ou gel). Ce n'est pas pour autant qu'un set devra être systématiquement prescrit lorsqu'une escarre se nécrose. La détersion d'une plaie est un acte de soin fréquent, parfois ponctuel ou urgent, qui doit pouvoir être assuré avec ou sans set de soin.
En phase de bourgeonnement, un grand choix de pansements est disponible (hydrocellulaire, alginate, fibres de CMC) dès lors qu'ils préservent un milieu humide sans excès de macération. Le degré d'humidité peut être modifié avec une fixation type film semi perméable (ex. : Op Site® Hypafix® Transparent, Leukomed® T), si le pansement n'en est déjà pas recouvert (ex. : les hydrocellulaires, Allevyn®). C'est bien souvent le confort du patient, la facilité de manipulation du produit, les habitudes et la fréquence des soins qui vont orienter le choix d'un produit (et une marque) plutôt qu'un autre.
Les pansements inhibiteurs de protéases, maintenant disponibles sous forme d'interface (Matrice®. Non remboursé) ou associés à un hydrocellulaire (UrgoStart®) peuvent être appliqués à cette phase pour corriger l'excès de MMP4 qui peut expliquer d'importants retards de cicatrisation. Présentés comme des « accélérateurs de cicatrisation », ces produits doivent être utilisés à bon escient, d'où la mise à disposition récente d'un outil diagnostic permettant d'évaluer sur la surface de la plaie la présence de métalloprotéases en trop grand nombre: le capteur Wound Check® (non remboursé).
Si l'escarre est profonde ou si une chirurgie est envisagée, un traitement par pression négative (TPN type VAC®, Renasys®) peut être mis en place, imposant alors une hospitalisation classique ou une HAD5. De nouveaux pansements hydrocellulaires capables d'exercer sur la plaie une dépression grâce à un moteur ultra léger et compact (sans réservoir), devraient être prochainement commercialisés. C'est le cas du PICO de Smith and Nephew. Sans remplacer la TPN, ces dispositifs pourraient être un intermédiaire intéressant disponible en ville, sur des escarres peu profondes et moyennement exsudatives.
Dans tous les cas, il n'est plus autorisé d'associer plusieurs pansements sur une même plaie.
Le recouvrement d'un pansement primaire (en contact avec la plaie) doit donc être assuré par des compresses simples ou absorbantes (dites « pansement américain »).
Plusieurs attitudes peuvent être envisagées en cas d'infection locale
1) laver et drainer la plaie mécaniquement et à l'aide de pansements type fibres de CMC1 (Aquacel®) ou alginate (ex. : Algosteril®),
2) appliquer un pansement qui relargue un antimicrobien type ions Ag (ex. : Release® Ag) ou PHMB2 (ex. : Suprasorb® X PHMB),
3) appliquer un antiseptique à large spectre (ex. : Bétadine®) après détersion de la plaie étant donné que la plupart de ces produits ont une action inhibée par la présence de matières organiques
SOMMAIRE
Les traitements locaux
Les soins d'escarre de stade 1 se différencient des autres stades étant donné qu'il n'y a pas de rupture cutanée. La peau doit être nourrie et hydratée sur les zones en souffrance, sans être massée ou pétrie (risque d'aggravation). L'utilisation d'huile peroxydée de type Sanyrène® ou Linovera® (non remboursées), est alors indiquée et appréciée par les patients et les soignants (odeur agréable, bonne pénétration). L'application de crème en couche épaisse n'est pas recommandée car elle est inutile, et induit l'application de pansements le plus souvent épais (type « américain ») qui risquent d'augmenter encore davantage l'hyperpression. Parfois, des pansements fins et transparents type film semi perméable (ex. : Tegarderm®) ou hydrocolloïde fin (ex. : Algoplaque® Film) ou encore Hypafix® Transparent (non stérile) et Leukomed® T (stérile) peuvent être appliqués dans un but protecteur (« 2e peau »).
Si la plaie est constituée (> escarre stade 1), la décontamination et le nettoyage sont réalisés le plus souvent à l'eau (+/- savon) lors de la toilette, ou au sérum physiologique.
L'escarre est une plaie chronique et naturellement colonisée nécessitant des soins dits « propres ».
En cas de survenue d'une infection locale, l'application d'antimicrobiens sur une période limitée (8 à 10 jours environ) doit être discutée avec le médecin.
De nouveaux dispositifs permettent d'éliminer les bactéries sans principes actifs. En effet, grâce à ses propriétés hydrophobes, les micro-organismes adhèrent aux fibres de ce pansement et sont éliminés de la plaie lorsque le pansement est changé. D'autres produits, tels que le Prontosan® (non remboursé) sont proposés pour nettoyer plus efficacement la plaie en contrôlant l'équilibre bactérien sous ses différentes formes : bactéries circulantes (le plus souvent pris en considération), ou organisées en mode biofilm. Ces deux cibles d'action font du Prontosan® un produit original et particulièrement intéressant pour les plaies chroniques, stagnantes ou aggravées par des épisodes infectieux répétés potentiellement imputables à la présence de biofilm.
Si l'escarre est superficielle, elle peut être traitée :
1) avec un hydrocolloïde qui ne sera changé qu'à saturation, lorsque le pansement se délite,
2) un hydrocellulaire fin (ex. : Mepilex® e.m, Allevyn®),
3), une interface (ex. : Adaptic® siliconé) recouverte de compresses. Le choix d'une technique par rapport à une autre doit prendre en compte la disponibilité des produits, la fréquence des soins, et le maintien du pansement en place selon le site soigné (talon, sacrum).
Si l'escarre est plus profonde (> stade 2), le soin va dépendre du stade d'évolution de la plaie, si elle est en phase de détersion (présence de nécrose, de fibrine épaisse), ou de bourgeonnement.
L'escarre nécrotique doit être débridée, excepté s'il s'agit d'une plaie à composante artérielle (ex. : escarre talonnière chez un patient artéritique). La détersion mécanique doit être privilégiée car elle permet de raccourcir efficacement cette première phase de cicatrisation. Bien sur, elle peut être complétée (avant, après) par l'application d'hydrogel (ex. : Intrasite® gel) ou de pansements irrigo absorbants type Hydroclean®. Le principe de ces produits est d'apporter un excès d'humidité sur la plaie afin de ramollir la nécrose jusqu'au délitement. Ce mode de détersion (dit « autolytique ») a des limites, notamment si la nécrose est trop épaisse.
L'hydrogel n'est donc pas un substitutif moderne à la détersion mécanique, mais un produit adapté à la phase de détersion.
A cette étape, comme en phase de bourgeonnement, il est aussi possible d'appliquer des fibres de CMC (Aquacel®) ou alginate (Curasorb®, remboursé depuis 2011), qui vont contrôler idéalement le taux d'humidité sur la plaie pour en permettre la bonne évolution. Rappelons à cette occasion que les alginates ont des propriétés hémostatiques appréciables après un geste de débridement.
Des nouveaux sets de soin de détersion devraient être prochainement mis sur le marché, sous réserve qu'un accord tarifaire soit trouvé entre la CEPS3 et les fabricants. Il est prévu que ces sets contiennent davantage de matériel (curettes, bistouris), mais plus de pansement primaire (ou gel). Ce n'est pas pour autant qu'un set devra être systématiquement prescrit lorsqu'une escarre se nécrose. La détersion d'une plaie est un acte de soin fréquent, parfois ponctuel ou urgent, qui doit pouvoir être assuré avec ou sans set de soin.
En phase de bourgeonnement, un grand choix de pansements est disponible (hydrocellulaire, alginate, fibres de CMC) dès lors qu'ils préservent un milieu humide sans excès de macération. Le degré d'humidité peut être modifié avec une fixation type film semi perméable (ex. : Op Site® Hypafix® Transparent, Leukomed® T), si le pansement n'en est déjà pas recouvert (ex. : les hydrocellulaires, Allevyn®). C'est bien souvent le confort du patient, la facilité de manipulation du produit, les habitudes et la fréquence des soins qui vont orienter le choix d'un produit (et une marque) plutôt qu'un autre.
Les pansements inhibiteurs de protéases, maintenant disponibles sous forme d'interface (Matrice®. Non remboursé) ou associés à un hydrocellulaire (UrgoStart®) peuvent être appliqués à cette phase pour corriger l'excès de MMP4 qui peut expliquer d'importants retards de cicatrisation. Présentés comme des « accélérateurs de cicatrisation », ces produits doivent être utilisés à bon escient, d'où la mise à disposition récente d'un outil diagnostic permettant d'évaluer sur la surface de la plaie la présence de métalloprotéases en trop grand nombre: le capteur Wound Check® (non remboursé).
Si l'escarre est profonde ou si une chirurgie est envisagée, un traitement par pression négative (TPN type VAC®, Renasys®) peut être mis en place, imposant alors une hospitalisation classique ou une HAD5. De nouveaux pansements hydrocellulaires capables d'exercer sur la plaie une dépression grâce à un moteur ultra léger et compact (sans réservoir), devraient être prochainement commercialisés. C'est le cas du PICO de Smith and Nephew. Sans remplacer la TPN, ces dispositifs pourraient être un intermédiaire intéressant disponible en ville, sur des escarres peu profondes et moyennement exsudatives.
Dans tous les cas, il n'est plus autorisé d'associer plusieurs pansements sur une même plaie.
Le recouvrement d'un pansement primaire (en contact avec la plaie) doit donc être assuré par des compresses simples ou absorbantes (dites « pansement américain »).
Plusieurs attitudes peuvent être envisagées en cas d'infection locale
1) laver et drainer la plaie mécaniquement et à l'aide de pansements type fibres de CMC1 (Aquacel®) ou alginate (ex. : Algosteril®),
2) appliquer un pansement qui relargue un antimicrobien type ions Ag (ex. : Release® Ag) ou PHMB2 (ex. : Suprasorb® X PHMB),
3) appliquer un antiseptique à large spectre (ex. : Bétadine®) après détersion de la plaie étant donné que la plupart de ces produits ont une action inhibée par la présence de matières organiques
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SOMMAIRE
Les soins d'escarre
La prise en charge générale
Outre le traitement local, le soignant devra prendre en compte et améliorer l'état médical du patient. Si l'essentiel repose sur la mise en décharge des escarres constituées et la prévention d'autres escarres sur les points d'appui (ci-dessus), le soignant devra s'attacher à rechercher et corriger tous les autres facteurs de retard de cicatrisation.
En premier, il convient d'évaluer l'état nutritionnel (voir dossier de ce même numéro)
avec le dosage de l'albuminémie (évaluation une fois par mois), et de la préalbuminémie (évaluation plus rapprochée en période de re-nutrition initiale).
- L'apport en protéine (environ 1,5 g/kg/j) doit être favorisé sous toutes ses formes (aliments naturels, ajouts de protéines dans la nourriture (lait en poudre, protéines commercialisées), compléments nutritionnels oraux).
- En cas de dénutrition très sévère, la perfusion d'acides aminés, la prescription de Cétornan® (dont l'efficacité n'est reconnue que dans les escarres de petite surface) sont discutées.
- La mise en place d'une nutrition parentérale est souvent limitée à la réanimation ou en pré-opératoire, car elle nécessite pour être efficiente une voie centrale.
- La pose d'une sonde nasogastrique ou d'une gastrostomie, pour une nutrition entérale doivent être envisagée suivant le contexte et les risques.
Il faut aussi s'attacher à connaître l'état inflammatoire (CRP) et les autres facteurs métaboliques de retard de cicatrisation (anémie sévère, déshydratation, diabète, insuffisance rénale et hépatique, maladie hématologique...), une désaturation (cause ?, mise en place d'une oxygénothérapie ?), une chute de pression artérielle (si trop basse, processus infectieux ? déshydratation ?, médicaments à stopper ?). Autant d'actions qui, mises bout à bout, améliorent l'état médical du patient et donc la cicatrisation.
Le tabac doit absolument être stoppé, sinon limité.
L'infection est aussi un facteur de retard de cicatrisation qui doit être évoqué. Cette infection peut se présenter à des degrés de gravité différents. Une fièvre, une dermohypodermite bactérienne érysipèle, cellulite...), une lymphangite (trainée rouge), une fasciite, une gangrène, une abcédation, sont des signes d'infection grave nécessitant une antibiothérapie (souvent ampicilline et acide clavulanique dans les cas les plus simples, per os ou IV suivant la gravité), après hémocultures, prélèvements locaux (ponction d'abcès ou bulles, curetage après détersion de la nécrose ou fibrine...).
L'infection peut être plus difficile à diagnostiquer lorsqu'elle est débutante, puisqu'en aucun cas elle ne repose sur la positivité du prélèvement (qui sera toujours positif du fait de la contamination constante des escarres). Seule la présence de plusieurs signes cliniques doit la faire suspecter : apparition d'une douleur, augmentation de la chaleur et de la rougeur autour, aggravation de la plaie, apparition d'une zone nécrotique (à ne pas confondre avec une aggravation par hyperpression), apparition de décollements ou d'une autre plaie, augmentation des exsudats et caractère purulent, aspect brun (« steak haché périmé ») ou hyperbourgeonnant et saignotant du bourgeon... La présence de plusieurs de ces signes doit conduire à la mise en place d'un traitement antibactérien local (ci-dessus) et faire discuter une antibiothérapie si la situation se dégrade. Les prélèvements ("si une antibiothérapie est envisagée") doivent être réalisés au fond de la plaie après détersion et nettoyage, sous peine d'un caractère polymicrobien inexploitable (souvent le cas au périnée).
L'antibiothérapie sera probabiliste et réadaptée secondairement si nécessaire.
En cas de stade 4 notamment, une infection osseuse doit être suspectée et documentée (voir ci-dessus).
Conclusion
Le délai de cicatrisation d'une escarre est le plus souvent inversement proportionnel à la vitesse avec laquelle elle s'est constituée. La mise en place précoce d'une prise en charge adaptée est donc essentielle. Depuis dix ans, la conférence de consensus validée par l'HAS fait référence en matière de prévention et traitement des escarres. Cette année, des experts de différentes sociétés savantes (ex. : PERSE6, SFFPC7) se sont réunis et ont ouvert le débat avec les professionnels, afin de réfléchir à une possible réactualisation de ce consensus.
SOMMAIRE
Les soins d'escarre
La prise en charge générale
Outre le traitement local, le soignant devra prendre en compte et améliorer l'état médical du patient. Si l'essentiel repose sur la mise en décharge des escarres constituées et la prévention d'autres escarres sur les points d'appui (ci-dessus), le soignant devra s'attacher à rechercher et corriger tous les autres facteurs de retard de cicatrisation.
En premier, il convient d'évaluer l'état nutritionnel (voir dossier de ce même numéro)
avec le dosage de l'albuminémie (évaluation une fois par mois), et de la préalbuminémie (évaluation plus rapprochée en période de re-nutrition initiale).
- L'apport en protéine (environ 1,5 g/kg/j) doit être favorisé sous toutes ses formes (aliments naturels, ajouts de protéines dans la nourriture (lait en poudre, protéines commercialisées), compléments nutritionnels oraux).
- En cas de dénutrition très sévère, la perfusion d'acides aminés, la prescription de Cétornan® (dont l'efficacité n'est reconnue que dans les escarres de petite surface) sont discutées.
- La mise en place d'une nutrition parentérale est souvent limitée à la réanimation ou en pré-opératoire, car elle nécessite pour être efficiente une voie centrale.
- La pose d'une sonde nasogastrique ou d'une gastrostomie, pour une nutrition entérale doivent être envisagée suivant le contexte et les risques.
Il faut aussi s'attacher à connaître l'état inflammatoire (CRP) et les autres facteurs métaboliques de retard de cicatrisation (anémie sévère, déshydratation, diabète, insuffisance rénale et hépatique, maladie hématologique...), une désaturation (cause ?, mise en place d'une oxygénothérapie ?), une chute de pression artérielle (si trop basse, processus infectieux ? déshydratation ?, médicaments à stopper ?). Autant d'actions qui, mises bout à bout, améliorent l'état médical du patient et donc la cicatrisation.
Le tabac doit absolument être stoppé, sinon limité.
L'infection est aussi un facteur de retard de cicatrisation qui doit être évoqué. Cette infection peut se présenter à des degrés de gravité différents. Une fièvre, une dermohypodermite bactérienne érysipèle, cellulite...), une lymphangite (trainée rouge), une fasciite, une gangrène, une abcédation, sont des signes d'infection grave nécessitant une antibiothérapie (souvent ampicilline et acide clavulanique dans les cas les plus simples, per os ou IV suivant la gravité), après hémocultures, prélèvements locaux (ponction d'abcès ou bulles, curetage après détersion de la nécrose ou fibrine...).
L'infection peut être plus difficile à diagnostiquer lorsqu'elle est débutante, puisqu'en aucun cas elle ne repose sur la positivité du prélèvement (qui sera toujours positif du fait de la contamination constante des escarres). Seule la présence de plusieurs signes cliniques doit la faire suspecter : apparition d'une douleur, augmentation de la chaleur et de la rougeur autour, aggravation de la plaie, apparition d'une zone nécrotique (à ne pas confondre avec une aggravation par hyperpression), apparition de décollements ou d'une autre plaie, augmentation des exsudats et caractère purulent, aspect brun (« steak haché périmé ») ou hyperbourgeonnant et saignotant du bourgeon... La présence de plusieurs de ces signes doit conduire à la mise en place d'un traitement antibactérien local (ci-dessus) et faire discuter une antibiothérapie si la situation se dégrade. Les prélèvements ("si une antibiothérapie est envisagée") doivent être réalisés au fond de la plaie après détersion et nettoyage, sous peine d'un caractère polymicrobien inexploitable (souvent le cas au périnée).
L'antibiothérapie sera probabiliste et réadaptée secondairement si nécessaire.
En cas de stade 4 notamment, une infection osseuse doit être suspectée et documentée (voir ci-dessus).
Conclusion
Le délai de cicatrisation d'une escarre est le plus souvent inversement proportionnel à la vitesse avec laquelle elle s'est constituée. La mise en place précoce d'une prise en charge adaptée est donc essentielle. Depuis dix ans, la conférence de consensus validée par l'HAS fait référence en matière de prévention et traitement des escarres. Cette année, des experts de différentes sociétés savantes (ex. : PERSE6, SFFPC7) se sont réunis et ont ouvert le débat avec les professionnels, afin de réfléchir à une possible réactualisation de ce consensus.
mardi 7 février 2012
VIRUS SCHMALLENBERG: Le Ministère de l'Agriculture saisit l'Agence de sécurité alimentaire
Actualité publiée il y a 8h17mn ANSES
Alors que l’UE vient de solliciter l’assistance scientifique et technique urgente de son agence de sécurité alimentaire l’European Food Safety Autority (EFSA), sur les risques éventuels associés au virus de Schmallenberg, c’est au tour du Ministère français de l’Agriculture de saisir son agence nationale de sécurité alimentaire, l’Anses. Objectif de la mission, évaluer l'impact de la maladie sur les élevages.
A ce jour, en France, le virus de Schmallenberg a été confirmée sur des agneaux dans 50 élevages ovins de 14 départements essentiellement du Nord de la France (Aisne, Aube, Bas-Rhin, Calvados, Haute-Marne, Meurthe-et Moselle, Meuse, Moselle, Nord, Oise, Pas-de Calais, Seine-Maritime, Somme, Vosges). Une surveillance clinique des malformations chez les ruminants nouveau-nés a été mise en place par Direction générale de l'alimentation (DGAL) avec pour objectif de détecter la circulation du virus Schmallenberg sur le territoire. Une surveillance renforcée est en place dans les zones frontalières avec la Belgique et l'Allemagne, les plus à risque.
Cette diffusion de l’infection au nouveau virus, jusque-là inconnu, d’abord identifié en Allemagne, aux Pays Bas et en Belgique au deuxième semestre 2011, qui touche les bovins et les petits ruminants, a atteint le 25 janvier 2012 le Nord-Est de France, puis le Nord et la Normandie. L’Europe n’a toujours pas mis en place de mesure de restriction aux échanges d'animaux vivants et de leurs produits à partir des zones atteintes, ni aucune mesure de prévention et de contrôle préconisée. Cependant, les frontières se ferment aux exportations : La Russie et les pays baltes, le Liban et la Turquie ont suspendu les importations d’animaux vivants en provenance d’Europe. Le Mexique a suspendu l'importation de sperme et d'embryons. L'Argentine et la Chine demandent de plus amples renseignements sur le virus et la situation aux Pays-Bas.
Pourtant le nombre d’exploitations touchées augmente très rapidement. En Allemagne, le Friedrich Loeffler Institute (FLI) déclare au 7 février 314 exploitations testées positives pour le virus jusqu'ici sur 8 élevages bovins, 294 élevages ovins et 12 élevages caprins et la quasi-totalité des régions sont touchées. Aux Pays-Bas, le dernier rapport annonce 283 exploitations touchées, en Belgique plus de 80 et le Royaume-Uni, dont le dernier bilan date d’une semaine faisait état de 11 exploitations touchées dans 5 régions.
Dans ce contexte, l'Anses devra évaluer l'impact de cette nouvelle maladie sur les élevages avec la collaboration d’un groupe d'experts qui rendra ses premières conclusions en février.
Actualité publiée il y a 8h17mn ANSES
Alors que l’UE vient de solliciter l’assistance scientifique et technique urgente de son agence de sécurité alimentaire l’European Food Safety Autority (EFSA), sur les risques éventuels associés au virus de Schmallenberg, c’est au tour du Ministère français de l’Agriculture de saisir son agence nationale de sécurité alimentaire, l’Anses. Objectif de la mission, évaluer l'impact de la maladie sur les élevages.
A ce jour, en France, le virus de Schmallenberg a été confirmée sur des agneaux dans 50 élevages ovins de 14 départements essentiellement du Nord de la France (Aisne, Aube, Bas-Rhin, Calvados, Haute-Marne, Meurthe-et Moselle, Meuse, Moselle, Nord, Oise, Pas-de Calais, Seine-Maritime, Somme, Vosges). Une surveillance clinique des malformations chez les ruminants nouveau-nés a été mise en place par Direction générale de l'alimentation (DGAL) avec pour objectif de détecter la circulation du virus Schmallenberg sur le territoire. Une surveillance renforcée est en place dans les zones frontalières avec la Belgique et l'Allemagne, les plus à risque.
Cette diffusion de l’infection au nouveau virus, jusque-là inconnu, d’abord identifié en Allemagne, aux Pays Bas et en Belgique au deuxième semestre 2011, qui touche les bovins et les petits ruminants, a atteint le 25 janvier 2012 le Nord-Est de France, puis le Nord et la Normandie. L’Europe n’a toujours pas mis en place de mesure de restriction aux échanges d'animaux vivants et de leurs produits à partir des zones atteintes, ni aucune mesure de prévention et de contrôle préconisée. Cependant, les frontières se ferment aux exportations : La Russie et les pays baltes, le Liban et la Turquie ont suspendu les importations d’animaux vivants en provenance d’Europe. Le Mexique a suspendu l'importation de sperme et d'embryons. L'Argentine et la Chine demandent de plus amples renseignements sur le virus et la situation aux Pays-Bas.
Pourtant le nombre d’exploitations touchées augmente très rapidement. En Allemagne, le Friedrich Loeffler Institute (FLI) déclare au 7 février 314 exploitations testées positives pour le virus jusqu'ici sur 8 élevages bovins, 294 élevages ovins et 12 élevages caprins et la quasi-totalité des régions sont touchées. Aux Pays-Bas, le dernier rapport annonce 283 exploitations touchées, en Belgique plus de 80 et le Royaume-Uni, dont le dernier bilan date d’une semaine faisait état de 11 exploitations touchées dans 5 régions.
Dans ce contexte, l'Anses devra évaluer l'impact de cette nouvelle maladie sur les élevages avec la collaboration d’un groupe d'experts qui rendra ses premières conclusions en février.
dimanche 5 février 2012
Discours lors du 4e anniversaire du Plan Alzheimer
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DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Palais de l'Élysée- Mercredi 1er février 2012
Mesdames et Messieurs, bonjour,
Mesdames les Ministres,
Je suis heureux de vous retrouver aujourd'hui pour célébrer le 4e anniversaire du Plan Alzheimer. Ce Plan, nous l'avons voulu pour mettre toutes nos forces dans la lutte contre cette maladie. Pour comprendre cette maladie, pour la soigner et pour accompagner les malades. Ce sont trois volets indissociables. Les progrès à faire étaient considérables, il faut bien le dire. Le retard était immense. Cette maladie est un drame. Nous nous devions de répondre à la souffrance des malades et de leurs familles.
Dès septembre 2007, j'ai demandé à Joël MENARD, que je remercie, de nous apporter son expertise. Il y a quatre ans, jour pour jour, grâce à votre travail collectif, nous avons mis en place un Plan de 44 mesures qui couvre l'ensemble des aspects de la lutte contre la maladie.
Depuis 2008, avec les pilotes du Plan, parmi lesquels se trouve Roselyne Bachelot, sous l'impulsion de Florence LUSTMAN dont je veux saluer la ténacité et l'énergie, et également avec l'association France Alzheimer, chère Marie-Odile DESANA, nous nous sommes retrouvés tous les six mois, avec les ministres, pour enregistrer les progrès, les avancées, pour corriger les retards, quand il y en avait, c'est vrai, et pour progresser ensemble.
Nous avons mené un travail exemplaire. Il y avait un problème de société que tout le monde connaissait et en même temps des énergies chez les chercheurs, les soignants, dans les associations. Tout le monde était prêt à se mobiliser et pourtant la France prenait du retard. Aujourd'hui, nous avons tellement avancé que le Plan Alzheimer nous est envié, si on peut dire, dans le monde entier. Nous avons reçu à Paris le congrès international sur la maladie au mois de juillet dernier et nos amis américains nous ont dit des mots simples, je veux les citer: « Le Plan Alzheimer lancé en France en 2008 est un modèle de ce qui pourrait être fait dans d'autres pays ». Nos amis américains ne sont pas, à ce point, indulgents qu'il faille prendre à la légère les commentaires lorsqu'ils sont positifs.
Le Plan Alzheimer est regardé avec attention dans le monde entier : au Royaume-Uni, en Corée du Sud, en Inde, aux États-Unis, aux Pays-Bas, en Suède ! Oui la Suède s'intéresse à ce qu'il se fait en France sur une question sociale ! Et il y a quelques mois, un hebdomadaire français listait les 100 raisons d'être optimistes pour notre pays.
Eh bien le Plan Alzheimer était dans cette liste ! Je vous l'avoue, je n'attendais pas forcément à cette forme de reconnaissance, ni sur le Plan Alzheimer ni sur tout autre sujet mais peu importe, la souffrance est tellement grande pour les familles et les gens qui ont Alzheimer. C'est tellement quelque chose d'incompréhensible à vivre à ressentir que notre devoir, c'était de nous engager.
Bien sûr, l'heure n'est pas encore au bilan, il reste encore une année de ce Plan pour avancer et notre mobilisation doit rester sans faille.
*
* *
Mais il me semble que notre première grande satisfaction, c'est que le regard collectif de la société sur la maladie d'Alzheimer a changé.
La maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées sont, il faut bien le dire, des maladies dont on ne parlait pas, ou pas assez. Quand le diagnostic tombait, pour les malades, pour leurs familles, c'était le désastre, le désarroi et, en plus, ils en avaient honte.
Face au grand âge, on aurait pu choisir de baisser les bras, de cantonner nos anciens dans des hospices, au fond, des lieux de relégation. Assommer les patients, les isoler, ce n'est pas la solution que nous voulons pour notre pays. La solution, c'est une démarche éthique, c'est l'intelligence et l'humanité de la prise en charge. Le degré d'avancement d'une société se mesure au sort qu'elle réserve aux plus fragiles de ses membres. Au fond, c'est presque une question d'honneur, parce que les malades d'Alzheimer, cela pourrait être nous, cela peut être nous. On a juste eu la chance de passer au travers, provisoirement. Donc l'autre, cet étranger extraordinaire qui a la maladie, cela pourrait être quelqu'un qu'on aime et cela pourrait être nous-mêmes. Quand on traite avec dignité et respect les malades d'Alzheimer et leurs familles, on ne fait que se traiter bien nous-mêmes. Il n'y a pas de différence.
Alors au fond c'est aussi notre conception de la vie et de la dignité de la personne. Ce sont des sujets qui touchent au cœur de notre condition humaine. Il ne s'agit pas d'être, à tout prix dans la modernité, simplement pour dire qu'on y est. Il s'agit de protéger des valeurs qui fondent notre société et notre conception de la personne humaine.
Avec Alzheimer, cette personne, elle est affaiblie, elle est parfois étrangère à elle-même, elle est différente, elle est extraordinairement fragile, mais elle est une personne humaine. Elle est une part de l'humanité, elle n'est pas étrangère à l'humanité. Je dirais même qu'elle est encore plus humaine, parce qu'elle est encore plus faible et qu'on peut même associer le degré d'humanité avec la faiblesse qu'on ressent pour soi ou pour les autres. Ce débat, nous l'avons eu lors de la révision des lois de bioéthique, débat qui a montré l'adhésion des Français aux différents principes qui fondent cette législation : le respect de la dignité humaine. Je voudrais dire, plus la personne est faible, plus elle est étrangère à elle-même, plus elle doit être respectée. C'est exactement le réflexe inverse à ce que j'entends parfois. C'est justement, parce qu'elle est à l'extrême limite de la faiblesse qu'elle doit être à l'extrême commencement du respect. C'est le refus de toute forme de marchandisation et d'exploitation du corps humain.
Alors avec tout le travail éthique qui a été fait autour du Plan Alzheimer, vous avez montré que cette maladie peut être prise en charge, qu'on peut même la faire reculer en faisant progresser la médecine. Afficher une priorité nationale, c'est cela.
Ce Plan, c'est un espoir pour les aidants. Cette maladie a ceci de singulier qu'elle finit inexorablement non pas à user les familles, non pas à user, mais à les épuiser. Moi je conteste le mot «usure », je dis : à les épuiser physiquement et moralement. Je veux dire aux familles que c'est parce que nous sommes conscients de cela que nous avons voulu des réponses concrètes, parce que leur engagement auprès de leurs proches force le respect.
Et dans un contexte financier dont chacun connaît les contraintes, nous consacrons 1,6 milliard d'euros au Plan Alzheimer sur la période 2008-2012. Ce n'est pas pour dire que c'est suffisant, mais je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que cela signifie d'extraire 1,6 milliard pour tout simplement redonner espoir.
*
Notre deuxième satisfaction, c'est d'avoir transformé cette mobilisation en réalisations concrètes.
Une prise en charge adaptée permet de réduire les troubles du comportement et surtout de moins recourir aux médicaments. Nous avons réalisé ces avancées grâce à la qualité des professionnels, hommes et femmes, chaque jour auprès des malades : ils sont mieux formés, mieux coordonnés, plus accessibles sur le territoire. Nous avons diffusé les meilleures pratiques en matière d'annonce et d'accompagnement du diagnostic.
Je pense également à la place du médecin de famille, qui connaît bien ses patients. Et renforcer la médecine de proximité, c'était renforcer l'ensemble du système de santé et soulager l'hôpital de tâches que les médecins libéraux réalisent dans de meilleures conditions. Il ne peut pas y avoir que l'hôpital dans la lutte contre Alzheimer.
Il était indispensable de valoriser la prise en charge des malades. C'est désormais chose faite grâce à la nouvelle convention médicale signée, c'est une première, chère Nora BERRA, par la quasi-totalité des syndicats médicaux et de l'ensemble de la médecine.
Cette nouvelle convention valorise l'implication du médecin généraliste, grâce à une consultation spéciale pour la maladie d'Alzheimer qui entrera en vigueur en mars. On ne peut tout de même pas comparer cette consultation avec celle pour le traitement d'une angine ou d'un rhume. Pardon de dire des choses comme cela, que je pense profondément. L'égalité, ce n'est pas de traiter toutes les consultations de la même façon : « Docteur, j'ai un rhume, j'ai une angine, j'ai la grippe ou j'ai le diagnostic d'Alzheimer ». Ce n'est pas tout à fait la même chose, on ne peut pas considérer que l'on va rémunérer les choses de la même façon.
Permettez-moi aussi de rappeler l'apport de la création des Agences régionales de santé, dont tout le monde parlait depuis 20 ans, et qui permet la coopération entre médecine de ville et médecine hospitalière.
Les nouvelles structures de terrain prévues par le Plan sont désormais une réalité.
Chacun sait l'importance de la précocité du diagnostic, évidemment, parce qu'en plus, non seulement de découvrir les ravages de cette maladie, on a compris qu'on pouvait l'attraper très jeune. Imaginons le choc, et c'est le rôle des consultations mémoires, disponibles dans plus de 500 points d'accueil hospitaliers, auxquels s'ajoutent les consultations libérales.
Les MAIA, les fameuses maisons d'accueil et d'intégration, sont la clé de voute du Plan Alzheimer Je crois que sans créer de structure nouvelle, nous avons intégré en réseau les services Alzheimer. C'est toute la logique de cette nouvelle organisation.
Auparavant, un malade et sa famille s'adressaient en moyenne à trois structures, parfois davantage, avant de trouver la bonne prise en charge. Aujourd'hui, il y a un seul intermédiaire. Cela veut dire que l'on est plus rapide, plus humain et plus efficace.
Au total, 55 MAIA accueillent aujourd'hui les malades et leurs familles. 100 maisons supplémentaires sont en cours de sélection. Fin 2012, nous disposerons d'un réseau de 155 maisons.
Alors, bien sûr, il y a Alzheimer, et il y a aussi le problème du grand âge en général. Le niveau d'engagement de la solidarité nationale représente 25 milliards d'euros par an pour les personnes âgées. Le nombre de places en établissement capables d'accueillir des personnes dépendantes a augmenté depuis 2006 de 70 %. 70% en plus ! C'est un milliard d'euros de plus consacré à ce problème considérable.
Bien sûr, je mesure le chemin qu'il nous reste à parcourir pour la prise en charge de la dépendance. Je n'ai pas abandonné l'objectif d'avancées plus importantes.
Traiter ce dossier de la dépendance de façon exhaustive dans le contexte actuel n'aurait pas été responsable, et je l'assume. Tout simplement parce qu'on ne peut pas vouloir financer la dépendance simplement en créant de la dette et donc en reportant son financement sur les générations futures.
Je suis toujours déterminé à mettre en œuvre cette réforme, je vous le dis, et je préfère le dire franchement, je me dois de tenir compte également de contraintes financières extrêmement difficiles. Et je ne pouvais pas dire aux Français : « voilà, on vous demande de travailler 2 ans de plus pour les retraites, on vous demande des efforts et, en même temps, je mets un milliard de plus pour la dépendance ». Comprenez-moi, ce n'est pas que cela n'est pas nécessaire. Bien sûr, que c'est nécessaire, mais sur mon bureau, je n'ai pas arbitré entre des dépenses non nécessaires et des dépenses nécessaires. Cela serait trop facile. Je n'ai à arbitrer qu'entre des dépenses nécessaires et des dépenses très nécessaires, voire entre des dépenses très nécessaires et des dépenses très, très nécessaires.
J'assume tout à fait la décision que j'ai prise de décaler la réforme de la dépendance. Je l'ai dit aux ministres, je ne m'abrite pas derrière elles, ce n'est pas du tout mon genre. Je préfère vous dire la vérité telle qu'elle est, je ne ferai cette réforme que quand j'aurai les moyens de la financer de façon crédible, et non pas pour créer un gouffre ou pour se trouver avec des structures dont on ne pourra pas payer le personnel, ou des structures où il n'y aura pas assez d'encadrement et qui ne pourront pas faire face. Je pense qu'il faut être sérieux. Je pense qu'il faut être raisonnable. Je pense qu'il faut prendre les bonnes décisions au bon moment.
Je rappelle juste un chiffre : en 2009, en 6 mois, les recettes fiscales de la France ont diminué de 22%. Les dépenses n'ont pas diminué de 22%, mais les recettes ont diminué de 22%.
Aider les proches, c'est aussi les informer pour qu'ils soient moins désemparés. Deux jours de formation par an sont proposés à chaque aidant familial. France Alzheimer a ainsi formé 6 000 aidants, ce n'est pas rien.
La prise en charge en établissement de soins a été renforcée. 65 unités spéciales dites cognitivo-comportementales -- c'est vraiment un vocabulaire fantastique ! On a l'air tellement savant quand on parle avec votre vocabulaire, c'est assez exceptionnel ! --, 65 existent déjà 113 sont prêtes à démarrer. Nous parviendrons à 120 unités fin 2012, conformément aux objectifs du Plan.
Soyons lucides : même si certains territoires disposent de toutes les solutions du Plan, je sais que les choses ne vont pas partout aussi vite qu'on le voudrait. Parce qu'il faut réunir des acteurs d'horizon très différents. Parce qu'il faut adapter les réponses aux spécificités locales, parce qu'il faut apprendre de nouveaux modes de prise en charge. Mais les choses avancent. Je ne suis pas du tout là pour vous dire que tout va bien, que l'on est au bout des choses, non. Je suis conscient. Personne ne peut contester que cela a progressé de façon exceptionnelle. Mais il y a des trous encore et il y a des efforts considérables à faire.
Je vois bien que si j'avais à m'occuper de quelqu'un qui avait la maladie, je dirais : « bon, allez, je veux que cela aille plus vite ». Je le comprends parfaitement bien. Mais encore une fois, il me faut arbitrer entre tellement de dépenses et de sujets.
Enfin troisième source de satisfaction, c'est la recherche.
Nous avons ainsi jeté les bases d'une recherche coordonnée qui est parvenue à présent à un niveau d'excellence mondiale.
S'est tenu à Marigny, aujourd'hui, le symposium international sur « Les avancées de la recherche ». Je salue ceux d'entre vous qui y ont participé.
Avec de nombreux chercheurs français en pointe dans ce secteur, mais aussi avec des chercheurs étrangers, vous avez fait le point de la recherche sur la maladie d'Alzheimer dans les trois grands domaines de la recherche fondamentale, de la recherche clinique et de la recherche en sciences humaines et sociales.
Je me réjouis de voir que le volet recherche du Plan Alzheimer, porté par la Fondation et son directeur Philippe AMOUYEL, que je salue, a atteint les objectifs fixés en 2008. 140 projets de recherche ont été financés pour un montant de de 84 millions d'euros ; 150 chercheurs ont été recrutés, 600 médecins ont été formés à la recherche clinique.
D'autres pays ont suivi la même voie.
Franchement ce qui m'avait effrayé quand je commençais à m'intéresser à ce sujet, c'est que les médecins et les chercheurs m'ont dit : « on ne sait rien. Rien du tout ». On avait conscience qu'il y avait des plaques brunes qui se posaient sur le cerveau. Je suis aux limites extrêmes de ma connaissance technique en la matière ! Vous avez raison, je vois l'air inquiet des chercheurs : « qu'est-ce qu'il va nous dire ! ». Rien de plus. Rien de plus, si ce n'est que ce que je veux vous dire, c'est que tout ce que l'on fait pour les MAIA, le diagnostic, les aidants, c'est très bien, c'est nécessaire. Mais je dis aux chercheurs, le cœur, c'est vous, c'est la guérison, c'est le médicament, c'est vous qui êtes au cœur de la bataille. Vous comprenez, moi, mon rêve, c'est qu'on n'ait justement plus besoin de tout cela, parce qu'on aurait la solution. Et donc, on va continuer à mobiliser des moyens pour vous.
Il faut que la recherche médicale progresse sur ce sujet.
Je suis d'ailleurs persuadé que cette question de la dégénérescence des cellules, comme tout ce que l'on peut trouver sur Alzheimer, peut nous aider sur d'autres sujets. Je suis persuadé qu'il y a des familles de recherche sur cette question de ces cellules qui ne fonctionnent plus Ce qui est extraordinaire, c'est qu'au lieu qu'elles meurent, elles prolifèrent, comme si le fait d'aller mal gagnait sur les cellules dans notre organisme qui vont bien. C'était un moment de vulgarisation et d'improvisation ! Voilà ce que j'ai retenu d'innombrables réunions avec des gens bien plus compétents que moi.
Je voudrais en résumé vous dire que la mobilisation pour Alzheimer, comme pour la santé, c'est notre patrimoine et donc, naturellement, que l'on soit à gauche ou à droite, c'est la santé que l'on veut mettre en priorité. Je vois bien que celui qui a une autre maladie que celle qui se trouve dans le Plan indiqué -- le cancer, Alzheimer -- peut se dire : « et moi ? » Bien sûr ! Mais quand même, j'ai fait le choix de soutenir les ministres et d'aller dans ce Plan, parce que je pense qu'il y a des maladies qui sont des véritables épidémies, épidémie non pas au sens épidémiologie, épidémie par le nombre de familles qui sont touchées. Prenez le cancer : il n'y a pas une famille qui ne soit brisée, inquiétée par le cancer. Pour la maladie d'Alzheimer, j'ai compris que cela éviterait la panique que l'on ait un Plan, mais cela ne veut pas dire que l'on ne recherche pas pour les autres, et surtout, cela ne veut pas dire, je voudrais faire passer cette idée, que quand on cherche sur Alzheimer, on ne cherche pas pour les autres. Au fond, peut-être, que vous allez trouver des choses qui vont valoir pour d'autres maladies et que tout ceci va profiter à l'ensemble des malades. Donc, il n'y a pas de complexe à avoir de ce côté-là.
Enfin, quelles que soient les échéances qui vont occuper notre pays, tout ce que l'on fait n'a de sens que si on l'inscrit dans la durée. Vous comprenez : dans la durée. C'est dans la durée que l'on va faire des progrès. Donc, Alzheimer ne doit pas appartenir à un débat gauche-droite, un débat opposition-gouvernement, un débat de l'alternance. J'ai repris moi-même le premier Plan Cancer du Président CHIRAC, parce que j'ai considéré que cela avait été quelque chose de très important et qu'il fallait en faire un numéro deux et que cela aurait été absolument ridicule d'abandonner le Plan Cancer.
Ce que je souhaite pour le Plan Alzheimer jusqu'en 2012, c'est que nous travaillons ensemble pour un nouveau Plan, parce que ce qui compte, c'est d'inscrire notre action dans la durée.
Merci de m'avoir écouté. Puis, je voudrais vous dire une dernière chose, c'est que pour les familles qui s'occupent de leur malade, cela suscite un grand respect.
Et je voudrais remercier les chercheurs, les médecins, les professionnels qui s'occupent des personnes âgées, parce que la tentation de notre société, c'est de les mettre de côté. Il faut bien dire que les spécialités de la vieillesse, ce n'étaient pas les plus populaires parmi les étudiants en médecine, ce ne sont pas toujours les plus valorisantes spontanément.
Je veux remercier celles et ceux d'entre vous qui font le choix délibéré de s'occuper de nos compatriotes les plus âgés même si Alzheimer touche des jeunes. On en a besoin et peut-être que vous ne vous sentez pas valorisés par le regard de la société, mais vous devez être valorisés par le regard éperdu du patient et de leurs familles. Ce que je souhaite vraiment du fond du cœur, c'est qu'il y ait davantage d'étudiants en médecine qui se disent : « les disciplines comme la gérontologie, ce sont des disciplines d'avenir ». Voilà, c'est de la vraie médecine, c'est même de la médecine de pointe.
Ce n'était pas du tout dans le discours, mais c'est exactement ce que je pensais.
Merci de votre attention. |
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DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Palais de l'Élysée- Mercredi 1er février 2012
Mesdames et Messieurs, bonjour,
Mesdames les Ministres,
Je suis heureux de vous retrouver aujourd'hui pour célébrer le 4e anniversaire du Plan Alzheimer. Ce Plan, nous l'avons voulu pour mettre toutes nos forces dans la lutte contre cette maladie. Pour comprendre cette maladie, pour la soigner et pour accompagner les malades. Ce sont trois volets indissociables. Les progrès à faire étaient considérables, il faut bien le dire. Le retard était immense. Cette maladie est un drame. Nous nous devions de répondre à la souffrance des malades et de leurs familles.
Dès septembre 2007, j'ai demandé à Joël MENARD, que je remercie, de nous apporter son expertise. Il y a quatre ans, jour pour jour, grâce à votre travail collectif, nous avons mis en place un Plan de 44 mesures qui couvre l'ensemble des aspects de la lutte contre la maladie.
Depuis 2008, avec les pilotes du Plan, parmi lesquels se trouve Roselyne Bachelot, sous l'impulsion de Florence LUSTMAN dont je veux saluer la ténacité et l'énergie, et également avec l'association France Alzheimer, chère Marie-Odile DESANA, nous nous sommes retrouvés tous les six mois, avec les ministres, pour enregistrer les progrès, les avancées, pour corriger les retards, quand il y en avait, c'est vrai, et pour progresser ensemble.
Nous avons mené un travail exemplaire. Il y avait un problème de société que tout le monde connaissait et en même temps des énergies chez les chercheurs, les soignants, dans les associations. Tout le monde était prêt à se mobiliser et pourtant la France prenait du retard. Aujourd'hui, nous avons tellement avancé que le Plan Alzheimer nous est envié, si on peut dire, dans le monde entier. Nous avons reçu à Paris le congrès international sur la maladie au mois de juillet dernier et nos amis américains nous ont dit des mots simples, je veux les citer: « Le Plan Alzheimer lancé en France en 2008 est un modèle de ce qui pourrait être fait dans d'autres pays ». Nos amis américains ne sont pas, à ce point, indulgents qu'il faille prendre à la légère les commentaires lorsqu'ils sont positifs.
Le Plan Alzheimer est regardé avec attention dans le monde entier : au Royaume-Uni, en Corée du Sud, en Inde, aux États-Unis, aux Pays-Bas, en Suède ! Oui la Suède s'intéresse à ce qu'il se fait en France sur une question sociale ! Et il y a quelques mois, un hebdomadaire français listait les 100 raisons d'être optimistes pour notre pays.
Eh bien le Plan Alzheimer était dans cette liste ! Je vous l'avoue, je n'attendais pas forcément à cette forme de reconnaissance, ni sur le Plan Alzheimer ni sur tout autre sujet mais peu importe, la souffrance est tellement grande pour les familles et les gens qui ont Alzheimer. C'est tellement quelque chose d'incompréhensible à vivre à ressentir que notre devoir, c'était de nous engager.
Bien sûr, l'heure n'est pas encore au bilan, il reste encore une année de ce Plan pour avancer et notre mobilisation doit rester sans faille.
*
* *
Mais il me semble que notre première grande satisfaction, c'est que le regard collectif de la société sur la maladie d'Alzheimer a changé.
La maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées sont, il faut bien le dire, des maladies dont on ne parlait pas, ou pas assez. Quand le diagnostic tombait, pour les malades, pour leurs familles, c'était le désastre, le désarroi et, en plus, ils en avaient honte.
Face au grand âge, on aurait pu choisir de baisser les bras, de cantonner nos anciens dans des hospices, au fond, des lieux de relégation. Assommer les patients, les isoler, ce n'est pas la solution que nous voulons pour notre pays. La solution, c'est une démarche éthique, c'est l'intelligence et l'humanité de la prise en charge. Le degré d'avancement d'une société se mesure au sort qu'elle réserve aux plus fragiles de ses membres. Au fond, c'est presque une question d'honneur, parce que les malades d'Alzheimer, cela pourrait être nous, cela peut être nous. On a juste eu la chance de passer au travers, provisoirement. Donc l'autre, cet étranger extraordinaire qui a la maladie, cela pourrait être quelqu'un qu'on aime et cela pourrait être nous-mêmes. Quand on traite avec dignité et respect les malades d'Alzheimer et leurs familles, on ne fait que se traiter bien nous-mêmes. Il n'y a pas de différence.
Alors au fond c'est aussi notre conception de la vie et de la dignité de la personne. Ce sont des sujets qui touchent au cœur de notre condition humaine. Il ne s'agit pas d'être, à tout prix dans la modernité, simplement pour dire qu'on y est. Il s'agit de protéger des valeurs qui fondent notre société et notre conception de la personne humaine.
Avec Alzheimer, cette personne, elle est affaiblie, elle est parfois étrangère à elle-même, elle est différente, elle est extraordinairement fragile, mais elle est une personne humaine. Elle est une part de l'humanité, elle n'est pas étrangère à l'humanité. Je dirais même qu'elle est encore plus humaine, parce qu'elle est encore plus faible et qu'on peut même associer le degré d'humanité avec la faiblesse qu'on ressent pour soi ou pour les autres. Ce débat, nous l'avons eu lors de la révision des lois de bioéthique, débat qui a montré l'adhésion des Français aux différents principes qui fondent cette législation : le respect de la dignité humaine. Je voudrais dire, plus la personne est faible, plus elle est étrangère à elle-même, plus elle doit être respectée. C'est exactement le réflexe inverse à ce que j'entends parfois. C'est justement, parce qu'elle est à l'extrême limite de la faiblesse qu'elle doit être à l'extrême commencement du respect. C'est le refus de toute forme de marchandisation et d'exploitation du corps humain.
Alors avec tout le travail éthique qui a été fait autour du Plan Alzheimer, vous avez montré que cette maladie peut être prise en charge, qu'on peut même la faire reculer en faisant progresser la médecine. Afficher une priorité nationale, c'est cela.
Ce Plan, c'est un espoir pour les aidants. Cette maladie a ceci de singulier qu'elle finit inexorablement non pas à user les familles, non pas à user, mais à les épuiser. Moi je conteste le mot «usure », je dis : à les épuiser physiquement et moralement. Je veux dire aux familles que c'est parce que nous sommes conscients de cela que nous avons voulu des réponses concrètes, parce que leur engagement auprès de leurs proches force le respect.
Et dans un contexte financier dont chacun connaît les contraintes, nous consacrons 1,6 milliard d'euros au Plan Alzheimer sur la période 2008-2012. Ce n'est pas pour dire que c'est suffisant, mais je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que cela signifie d'extraire 1,6 milliard pour tout simplement redonner espoir.
*
Notre deuxième satisfaction, c'est d'avoir transformé cette mobilisation en réalisations concrètes.
Une prise en charge adaptée permet de réduire les troubles du comportement et surtout de moins recourir aux médicaments. Nous avons réalisé ces avancées grâce à la qualité des professionnels, hommes et femmes, chaque jour auprès des malades : ils sont mieux formés, mieux coordonnés, plus accessibles sur le territoire. Nous avons diffusé les meilleures pratiques en matière d'annonce et d'accompagnement du diagnostic.
Je pense également à la place du médecin de famille, qui connaît bien ses patients. Et renforcer la médecine de proximité, c'était renforcer l'ensemble du système de santé et soulager l'hôpital de tâches que les médecins libéraux réalisent dans de meilleures conditions. Il ne peut pas y avoir que l'hôpital dans la lutte contre Alzheimer.
Il était indispensable de valoriser la prise en charge des malades. C'est désormais chose faite grâce à la nouvelle convention médicale signée, c'est une première, chère Nora BERRA, par la quasi-totalité des syndicats médicaux et de l'ensemble de la médecine.
Cette nouvelle convention valorise l'implication du médecin généraliste, grâce à une consultation spéciale pour la maladie d'Alzheimer qui entrera en vigueur en mars. On ne peut tout de même pas comparer cette consultation avec celle pour le traitement d'une angine ou d'un rhume. Pardon de dire des choses comme cela, que je pense profondément. L'égalité, ce n'est pas de traiter toutes les consultations de la même façon : « Docteur, j'ai un rhume, j'ai une angine, j'ai la grippe ou j'ai le diagnostic d'Alzheimer ». Ce n'est pas tout à fait la même chose, on ne peut pas considérer que l'on va rémunérer les choses de la même façon.
Permettez-moi aussi de rappeler l'apport de la création des Agences régionales de santé, dont tout le monde parlait depuis 20 ans, et qui permet la coopération entre médecine de ville et médecine hospitalière.
Les nouvelles structures de terrain prévues par le Plan sont désormais une réalité.
Chacun sait l'importance de la précocité du diagnostic, évidemment, parce qu'en plus, non seulement de découvrir les ravages de cette maladie, on a compris qu'on pouvait l'attraper très jeune. Imaginons le choc, et c'est le rôle des consultations mémoires, disponibles dans plus de 500 points d'accueil hospitaliers, auxquels s'ajoutent les consultations libérales.
Les MAIA, les fameuses maisons d'accueil et d'intégration, sont la clé de voute du Plan Alzheimer Je crois que sans créer de structure nouvelle, nous avons intégré en réseau les services Alzheimer. C'est toute la logique de cette nouvelle organisation.
Auparavant, un malade et sa famille s'adressaient en moyenne à trois structures, parfois davantage, avant de trouver la bonne prise en charge. Aujourd'hui, il y a un seul intermédiaire. Cela veut dire que l'on est plus rapide, plus humain et plus efficace.
Au total, 55 MAIA accueillent aujourd'hui les malades et leurs familles. 100 maisons supplémentaires sont en cours de sélection. Fin 2012, nous disposerons d'un réseau de 155 maisons.
Alors, bien sûr, il y a Alzheimer, et il y a aussi le problème du grand âge en général. Le niveau d'engagement de la solidarité nationale représente 25 milliards d'euros par an pour les personnes âgées. Le nombre de places en établissement capables d'accueillir des personnes dépendantes a augmenté depuis 2006 de 70 %. 70% en plus ! C'est un milliard d'euros de plus consacré à ce problème considérable.
Bien sûr, je mesure le chemin qu'il nous reste à parcourir pour la prise en charge de la dépendance. Je n'ai pas abandonné l'objectif d'avancées plus importantes.
Traiter ce dossier de la dépendance de façon exhaustive dans le contexte actuel n'aurait pas été responsable, et je l'assume. Tout simplement parce qu'on ne peut pas vouloir financer la dépendance simplement en créant de la dette et donc en reportant son financement sur les générations futures.
Je suis toujours déterminé à mettre en œuvre cette réforme, je vous le dis, et je préfère le dire franchement, je me dois de tenir compte également de contraintes financières extrêmement difficiles. Et je ne pouvais pas dire aux Français : « voilà, on vous demande de travailler 2 ans de plus pour les retraites, on vous demande des efforts et, en même temps, je mets un milliard de plus pour la dépendance ». Comprenez-moi, ce n'est pas que cela n'est pas nécessaire. Bien sûr, que c'est nécessaire, mais sur mon bureau, je n'ai pas arbitré entre des dépenses non nécessaires et des dépenses nécessaires. Cela serait trop facile. Je n'ai à arbitrer qu'entre des dépenses nécessaires et des dépenses très nécessaires, voire entre des dépenses très nécessaires et des dépenses très, très nécessaires.
J'assume tout à fait la décision que j'ai prise de décaler la réforme de la dépendance. Je l'ai dit aux ministres, je ne m'abrite pas derrière elles, ce n'est pas du tout mon genre. Je préfère vous dire la vérité telle qu'elle est, je ne ferai cette réforme que quand j'aurai les moyens de la financer de façon crédible, et non pas pour créer un gouffre ou pour se trouver avec des structures dont on ne pourra pas payer le personnel, ou des structures où il n'y aura pas assez d'encadrement et qui ne pourront pas faire face. Je pense qu'il faut être sérieux. Je pense qu'il faut être raisonnable. Je pense qu'il faut prendre les bonnes décisions au bon moment.
Je rappelle juste un chiffre : en 2009, en 6 mois, les recettes fiscales de la France ont diminué de 22%. Les dépenses n'ont pas diminué de 22%, mais les recettes ont diminué de 22%.
Aider les proches, c'est aussi les informer pour qu'ils soient moins désemparés. Deux jours de formation par an sont proposés à chaque aidant familial. France Alzheimer a ainsi formé 6 000 aidants, ce n'est pas rien.
La prise en charge en établissement de soins a été renforcée. 65 unités spéciales dites cognitivo-comportementales -- c'est vraiment un vocabulaire fantastique ! On a l'air tellement savant quand on parle avec votre vocabulaire, c'est assez exceptionnel ! --, 65 existent déjà 113 sont prêtes à démarrer. Nous parviendrons à 120 unités fin 2012, conformément aux objectifs du Plan.
Soyons lucides : même si certains territoires disposent de toutes les solutions du Plan, je sais que les choses ne vont pas partout aussi vite qu'on le voudrait. Parce qu'il faut réunir des acteurs d'horizon très différents. Parce qu'il faut adapter les réponses aux spécificités locales, parce qu'il faut apprendre de nouveaux modes de prise en charge. Mais les choses avancent. Je ne suis pas du tout là pour vous dire que tout va bien, que l'on est au bout des choses, non. Je suis conscient. Personne ne peut contester que cela a progressé de façon exceptionnelle. Mais il y a des trous encore et il y a des efforts considérables à faire.
Je vois bien que si j'avais à m'occuper de quelqu'un qui avait la maladie, je dirais : « bon, allez, je veux que cela aille plus vite ». Je le comprends parfaitement bien. Mais encore une fois, il me faut arbitrer entre tellement de dépenses et de sujets.
Enfin troisième source de satisfaction, c'est la recherche.
Nous avons ainsi jeté les bases d'une recherche coordonnée qui est parvenue à présent à un niveau d'excellence mondiale.
S'est tenu à Marigny, aujourd'hui, le symposium international sur « Les avancées de la recherche ». Je salue ceux d'entre vous qui y ont participé.
Avec de nombreux chercheurs français en pointe dans ce secteur, mais aussi avec des chercheurs étrangers, vous avez fait le point de la recherche sur la maladie d'Alzheimer dans les trois grands domaines de la recherche fondamentale, de la recherche clinique et de la recherche en sciences humaines et sociales.
Je me réjouis de voir que le volet recherche du Plan Alzheimer, porté par la Fondation et son directeur Philippe AMOUYEL, que je salue, a atteint les objectifs fixés en 2008. 140 projets de recherche ont été financés pour un montant de de 84 millions d'euros ; 150 chercheurs ont été recrutés, 600 médecins ont été formés à la recherche clinique.
D'autres pays ont suivi la même voie.
Franchement ce qui m'avait effrayé quand je commençais à m'intéresser à ce sujet, c'est que les médecins et les chercheurs m'ont dit : « on ne sait rien. Rien du tout ». On avait conscience qu'il y avait des plaques brunes qui se posaient sur le cerveau. Je suis aux limites extrêmes de ma connaissance technique en la matière ! Vous avez raison, je vois l'air inquiet des chercheurs : « qu'est-ce qu'il va nous dire ! ». Rien de plus. Rien de plus, si ce n'est que ce que je veux vous dire, c'est que tout ce que l'on fait pour les MAIA, le diagnostic, les aidants, c'est très bien, c'est nécessaire. Mais je dis aux chercheurs, le cœur, c'est vous, c'est la guérison, c'est le médicament, c'est vous qui êtes au cœur de la bataille. Vous comprenez, moi, mon rêve, c'est qu'on n'ait justement plus besoin de tout cela, parce qu'on aurait la solution. Et donc, on va continuer à mobiliser des moyens pour vous.
Il faut que la recherche médicale progresse sur ce sujet.
Je suis d'ailleurs persuadé que cette question de la dégénérescence des cellules, comme tout ce que l'on peut trouver sur Alzheimer, peut nous aider sur d'autres sujets. Je suis persuadé qu'il y a des familles de recherche sur cette question de ces cellules qui ne fonctionnent plus Ce qui est extraordinaire, c'est qu'au lieu qu'elles meurent, elles prolifèrent, comme si le fait d'aller mal gagnait sur les cellules dans notre organisme qui vont bien. C'était un moment de vulgarisation et d'improvisation ! Voilà ce que j'ai retenu d'innombrables réunions avec des gens bien plus compétents que moi.
Je voudrais en résumé vous dire que la mobilisation pour Alzheimer, comme pour la santé, c'est notre patrimoine et donc, naturellement, que l'on soit à gauche ou à droite, c'est la santé que l'on veut mettre en priorité. Je vois bien que celui qui a une autre maladie que celle qui se trouve dans le Plan indiqué -- le cancer, Alzheimer -- peut se dire : « et moi ? » Bien sûr ! Mais quand même, j'ai fait le choix de soutenir les ministres et d'aller dans ce Plan, parce que je pense qu'il y a des maladies qui sont des véritables épidémies, épidémie non pas au sens épidémiologie, épidémie par le nombre de familles qui sont touchées. Prenez le cancer : il n'y a pas une famille qui ne soit brisée, inquiétée par le cancer. Pour la maladie d'Alzheimer, j'ai compris que cela éviterait la panique que l'on ait un Plan, mais cela ne veut pas dire que l'on ne recherche pas pour les autres, et surtout, cela ne veut pas dire, je voudrais faire passer cette idée, que quand on cherche sur Alzheimer, on ne cherche pas pour les autres. Au fond, peut-être, que vous allez trouver des choses qui vont valoir pour d'autres maladies et que tout ceci va profiter à l'ensemble des malades. Donc, il n'y a pas de complexe à avoir de ce côté-là.
Enfin, quelles que soient les échéances qui vont occuper notre pays, tout ce que l'on fait n'a de sens que si on l'inscrit dans la durée. Vous comprenez : dans la durée. C'est dans la durée que l'on va faire des progrès. Donc, Alzheimer ne doit pas appartenir à un débat gauche-droite, un débat opposition-gouvernement, un débat de l'alternance. J'ai repris moi-même le premier Plan Cancer du Président CHIRAC, parce que j'ai considéré que cela avait été quelque chose de très important et qu'il fallait en faire un numéro deux et que cela aurait été absolument ridicule d'abandonner le Plan Cancer.
Ce que je souhaite pour le Plan Alzheimer jusqu'en 2012, c'est que nous travaillons ensemble pour un nouveau Plan, parce que ce qui compte, c'est d'inscrire notre action dans la durée.
Merci de m'avoir écouté. Puis, je voudrais vous dire une dernière chose, c'est que pour les familles qui s'occupent de leur malade, cela suscite un grand respect.
Et je voudrais remercier les chercheurs, les médecins, les professionnels qui s'occupent des personnes âgées, parce que la tentation de notre société, c'est de les mettre de côté. Il faut bien dire que les spécialités de la vieillesse, ce n'étaient pas les plus populaires parmi les étudiants en médecine, ce ne sont pas toujours les plus valorisantes spontanément.
Je veux remercier celles et ceux d'entre vous qui font le choix délibéré de s'occuper de nos compatriotes les plus âgés même si Alzheimer touche des jeunes. On en a besoin et peut-être que vous ne vous sentez pas valorisés par le regard de la société, mais vous devez être valorisés par le regard éperdu du patient et de leurs familles. Ce que je souhaite vraiment du fond du cœur, c'est qu'il y ait davantage d'étudiants en médecine qui se disent : « les disciplines comme la gérontologie, ce sont des disciplines d'avenir ». Voilà, c'est de la vraie médecine, c'est même de la médecine de pointe.
Ce n'était pas du tout dans le discours, mais c'est exactement ce que je pensais.
Merci de votre attention. |
.4e anniversaire du plan Alzheimer : le regard de France Alzheimer
Après 2012, quelles solutions pour les personnes malades et leur famille ? En ce quatrième anniversaire du plan Alzheimer, l'association France Alzheimer salue des avancées concrètes mais s'inquiète de la pérennisation de certaines mesures.
Lancé en février 2008, le plan Alzheimer 2008-2012 entre dans sa cinquième et dernière année. A l'occasion de cet anniversaire décisif, France Alzheimer salue quelques avancées concrètes au niveau de l'accompagnement et de la prise en soin des personnes malades et leur famille mais exprime également de vives inquiétudes sur le retard pris par certaines mesures et de manière globale sur leur pérennisation à l'issue du plan.
Ce plan Alzheimer a suscité lors de son lancement de nombreux espoirs chez les personnes malades et leur famille. Plan le plus ambitieux et le plus complet proposé jusqu'à alors, il bénéficie pour la première fois d'un budget entièrement dédié et a permis de mettre en lumière la maladie et l'implication déterminante des aidants familiaux.
Quatre ans après, France Alzheimer salue les progrès parcourus sur la recherche au travers de la coopération scientifique et sur l'éthique avec la création d'un Espace national de réflexion éthique sur la maladie d'Alzheimer (EREMA). L'association soutient également le déploiement des Maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades d'Alzheimer (MAIA) sur l'ensemble du territoire (mesure 4) via le lancement récent des appels à projets par les ARS.
La formation des aidants (mesure 2) constitue, elle aussi, une avancée incontestable et une réponse au plus proche des besoins des familles. Assurée grâce à l'enthousiasme et l'énergie du réseau d'associations départementales France Alzheimer, cette formation a connue en trois ans une véritable montée en puissance.
Cependant France Alzheimer exprime ses inquiétudes concernant certaines mesures et leur pérennisation. Parmi celles-ci on peut noter la mesure 1 qui prévoyait le développement et la diversification des structures de répit. Le plan n'ayant pas permis de combler le déficit de places en accueil de jour et en hébergement temporaire, de nombreuses familles éprouvent aujourd'hui encore des difficultés en termes d'accessibilités géographique et financière. Pour combler le retard pris par cette mesure, une seule solution concrète pour France Alzheimer : lancer au plus vite les appels à projets sur tout le territoire.
France Alzheimer demande encore la création d'établissements spécialisés et entièrement dédiés, dotés d'un personnel formé aux spécificités de la maladie et d'une architecture adaptée pour répondre aux besoins des personnes malades.
« Au-delà de 2012, l'ensemble des mesures touchant directement la vie quotidienne des familles et des personnes malades (mesures 1, 2 et 6) doivent être poursuivies et pérennisées. Après quatre années d'investissement humain et financier, la fin de ces mesures constituerait une immense déception pour toutes les familles » a souligné Marie-Odile Desana, présidente de France Alzheimer.
C'est donc un regard contrasté que porte France Alzheimer sur ce plan Alzheimer à quelques mois de son échéance. L'association reconnaît l'absolue nécessité et l'utilité du plan et engage les pouvoirs publics à poursuivre le déploiement des différentes mesures tout au long de l'année. A l'issue de 2012, France Alzheimer appelle au lancement d'un nouveau plan Alzheimer.
« En cette période d'enjeux électoraux, quelles réponses, aides et solutions concrètes seront apportées aux familles touchées par la maladie après la fin du plan Alzheimer ? En effet, les 850 000 personnes malades, leur famille et les 250 000 nouvelles personnes diagnostiquées chaque année auront toujours les mêmes besoins fin 2012 et demandent une réforme de la prise en charge financière de la dépendance » conclut Marie-Odile Desana.
Communiqué France Alzheimer - 1er février 2012
Après 2012, quelles solutions pour les personnes malades et leur famille ? En ce quatrième anniversaire du plan Alzheimer, l'association France Alzheimer salue des avancées concrètes mais s'inquiète de la pérennisation de certaines mesures.
Lancé en février 2008, le plan Alzheimer 2008-2012 entre dans sa cinquième et dernière année. A l'occasion de cet anniversaire décisif, France Alzheimer salue quelques avancées concrètes au niveau de l'accompagnement et de la prise en soin des personnes malades et leur famille mais exprime également de vives inquiétudes sur le retard pris par certaines mesures et de manière globale sur leur pérennisation à l'issue du plan.
Ce plan Alzheimer a suscité lors de son lancement de nombreux espoirs chez les personnes malades et leur famille. Plan le plus ambitieux et le plus complet proposé jusqu'à alors, il bénéficie pour la première fois d'un budget entièrement dédié et a permis de mettre en lumière la maladie et l'implication déterminante des aidants familiaux.
Quatre ans après, France Alzheimer salue les progrès parcourus sur la recherche au travers de la coopération scientifique et sur l'éthique avec la création d'un Espace national de réflexion éthique sur la maladie d'Alzheimer (EREMA). L'association soutient également le déploiement des Maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades d'Alzheimer (MAIA) sur l'ensemble du territoire (mesure 4) via le lancement récent des appels à projets par les ARS.
La formation des aidants (mesure 2) constitue, elle aussi, une avancée incontestable et une réponse au plus proche des besoins des familles. Assurée grâce à l'enthousiasme et l'énergie du réseau d'associations départementales France Alzheimer, cette formation a connue en trois ans une véritable montée en puissance.
Cependant France Alzheimer exprime ses inquiétudes concernant certaines mesures et leur pérennisation. Parmi celles-ci on peut noter la mesure 1 qui prévoyait le développement et la diversification des structures de répit. Le plan n'ayant pas permis de combler le déficit de places en accueil de jour et en hébergement temporaire, de nombreuses familles éprouvent aujourd'hui encore des difficultés en termes d'accessibilités géographique et financière. Pour combler le retard pris par cette mesure, une seule solution concrète pour France Alzheimer : lancer au plus vite les appels à projets sur tout le territoire.
France Alzheimer demande encore la création d'établissements spécialisés et entièrement dédiés, dotés d'un personnel formé aux spécificités de la maladie et d'une architecture adaptée pour répondre aux besoins des personnes malades.
« Au-delà de 2012, l'ensemble des mesures touchant directement la vie quotidienne des familles et des personnes malades (mesures 1, 2 et 6) doivent être poursuivies et pérennisées. Après quatre années d'investissement humain et financier, la fin de ces mesures constituerait une immense déception pour toutes les familles » a souligné Marie-Odile Desana, présidente de France Alzheimer.
C'est donc un regard contrasté que porte France Alzheimer sur ce plan Alzheimer à quelques mois de son échéance. L'association reconnaît l'absolue nécessité et l'utilité du plan et engage les pouvoirs publics à poursuivre le déploiement des différentes mesures tout au long de l'année. A l'issue de 2012, France Alzheimer appelle au lancement d'un nouveau plan Alzheimer.
« En cette période d'enjeux électoraux, quelles réponses, aides et solutions concrètes seront apportées aux familles touchées par la maladie après la fin du plan Alzheimer ? En effet, les 850 000 personnes malades, leur famille et les 250 000 nouvelles personnes diagnostiquées chaque année auront toujours les mêmes besoins fin 2012 et demandent une réforme de la prise en charge financière de la dépendance » conclut Marie-Odile Desana.
Communiqué France Alzheimer - 1er février 2012
mercredi 1 février 2012
ALZHEIMER
en direct de nos amis canadiens ......./.......31 01 2012
Pour Marguerite Blais, ministre responsable des aînés, il est essentiel de prendre soins des ainés et de les traiter avec respect.
Sociétés Alzheimer , Société Alzheimer des Laurentides , Société d’Alzheimer au Canada , Rivière du Nord , Canada , Saint-Jérôme
La maladie d’Alzheimer est en constante progression. Selon la Société d’Alzheimer au Canada, un demi-million de Canadiens en sont atteints, soit un aîné sur onze. Et une nouvelle personne deviendra atteinte de la maladie toutes les 5 minutes.
Bernard Mallette, président de la Maison Aloïs Alzheimer nous informe que le nombre estimé de personnes atteintes dans notre région serait de 1 500 à 2 000 (MRC Rivière du Nord et proximité). « De plus, avec la population vieillissante le nombre va en augmentant, » précise-t-il. Il faut noter que le nombre de personnes atteintes est difficile à évaluer, la maladie étant à déclaration non obligatoire.
Une personne toutes les deux minutes
Selon l'Étude sur la santé et le vieillissement au Canada, d'ici 2011, un Canadien sur dix âgé de 65 ans et plus souffrira d'une forme quelconque de démence. Dans les deux tiers des cas, il s'agira de la maladie d'Alzheimer. Compte tenu du vieillissement de la population, l'incidence de la maladie d'Alzheimer devrait augmenter et exercer des pressions sur les services de santé et les services sociaux communautaires, ainsi que sur les soins de longue durée. D'ici à 2038, 1,1 million de Canadiens seront atteints de la maladie. C'est une personne toutes les deux minutes.
Diagnostic précoce
Lyne Briand, adjointe administrative pour la Société Alzheimer des Laurentides nous précise que, cette année, dans le cadre du Mois de la sensibilisation à la maladie d'Alzheimer, l’emphase est mise sur le diagnostic précoce. « C’est extrêmement important. D’abord pour que les gens prennent des décisions comme pour leur budget, leur succession. Et ensuite parce qu’ils peuvent rester plus longtemps à la maison car ils prennent des médicaments.» À noter la Société Alzheimer des Laurentides préconise le maintien à domicile. Elle avait aidé le Centre de Répit de jour de la Maison Aloïs Alzheimer des Laurentides en faisant un don d’argent recueilli lors d’une Marche pour la mémoire et y réfère des gens de Saint-Jérôme.
Confusion En effet, les Canadiens confondent encore les symptômes de la maladie d’Alzheimer avec le « vieillissement normal », disent les résultats de l’enquête publiés par la Société Alzheimer. Près de 50% des Canadiens ont vécu pendant un an ou plus avec leurs symptômes avant de consulter un médecin de famille. Et 16% de ceux-ci ont attendu plus de deux ans. Plus du quart des répondants avaient refusé de consulter un médecin ou ne voyaient pas la nécessité d’en consulter un, sauf si les symptômes s’aggravaient. Or, un diagnostic retardé entraîne un énorme écart dans le traitement et empêche les personnes atteintes de recevoir des informations précieuses sur les médicaments, le soutien et une meilleure prise en charge de la maladie.
Mieux faire face à la maladie
Les 3/4 des répondants, qui étaient des aidants de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées, ont admis qu’ils souhaitaient avoir demandé un diagnostic plus tôt afin d’avoir accès à des traitements permettant de prendre en charge les symptômes. Ils ont également reconnu d’autres avantages d’obtenir un diagnostic, lorsqu’on leur en a présenté une liste. 78% des répondants ont dit qu’un diagnostic précoce les aiderait à
mettre de l’ordre dans leurs affaires juridiques et financières, et 69% que cela permettrait de garder la personne atteinte de la maladie à la maison plus longtemps, et qu’elle pourrait participer activement aux décisions qui la concernent. 62% des répondants ont attribué à un diagnostic précoce le fait d’être en mesure de mieux faire face à la maladie et vivre avec.
Janvier, Mois de la sensibilisation à la maladie d'Alzheimer
En janvier, pendant le Mois de la sensibilisation à la maladie d’Alzheimer, les Sociétés Alzheimer lancent leur campagne Regardez les choses en face! Renseignez-vous pour connaître les faits.
La Société Alzheimer des Laurentides encourage la population à faire face à la maladie d’Alzheimer et aux maladies apparentées en se rendant sur le site Web Regardez les choses en face! Renseignez-vous pour connaître les faits, à l’adresse www.regardezleschosenface.ca. Le site contient également des témoignages poignants d’aidants et de personnes atteintes de la maladie, qui disent ce qu’un diagnostic précoce a signifié pour eux. La Société Alzheimer des Laurentides (SAL), organisme d’information, d’aide et de soutien dans les Laurentides pour les personnes qui vivent avec la maladie d’Alzheimer ou une affection connexe, leurs proches et leurs aidants et les professionnels de la santé, au 819-326-7136 ou 1-800-978-7881 ou par courriel à salaurentides@bellnet.ca.
Soutien aux proches aidants des aînés des Laurentides à L’Appui 500 boul. des Laurentides, bureau 235, Saint-Jérôme. 450 592 3007.
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en direct de nos amis canadiens ......./.......31 01 2012
Pour Marguerite Blais, ministre responsable des aînés, il est essentiel de prendre soins des ainés et de les traiter avec respect.
Sociétés Alzheimer , Société Alzheimer des Laurentides , Société d’Alzheimer au Canada , Rivière du Nord , Canada , Saint-Jérôme
La maladie d’Alzheimer est en constante progression. Selon la Société d’Alzheimer au Canada, un demi-million de Canadiens en sont atteints, soit un aîné sur onze. Et une nouvelle personne deviendra atteinte de la maladie toutes les 5 minutes.
Bernard Mallette, président de la Maison Aloïs Alzheimer nous informe que le nombre estimé de personnes atteintes dans notre région serait de 1 500 à 2 000 (MRC Rivière du Nord et proximité). « De plus, avec la population vieillissante le nombre va en augmentant, » précise-t-il. Il faut noter que le nombre de personnes atteintes est difficile à évaluer, la maladie étant à déclaration non obligatoire.
Une personne toutes les deux minutes
Selon l'Étude sur la santé et le vieillissement au Canada, d'ici 2011, un Canadien sur dix âgé de 65 ans et plus souffrira d'une forme quelconque de démence. Dans les deux tiers des cas, il s'agira de la maladie d'Alzheimer. Compte tenu du vieillissement de la population, l'incidence de la maladie d'Alzheimer devrait augmenter et exercer des pressions sur les services de santé et les services sociaux communautaires, ainsi que sur les soins de longue durée. D'ici à 2038, 1,1 million de Canadiens seront atteints de la maladie. C'est une personne toutes les deux minutes.
Diagnostic précoce
Lyne Briand, adjointe administrative pour la Société Alzheimer des Laurentides nous précise que, cette année, dans le cadre du Mois de la sensibilisation à la maladie d'Alzheimer, l’emphase est mise sur le diagnostic précoce. « C’est extrêmement important. D’abord pour que les gens prennent des décisions comme pour leur budget, leur succession. Et ensuite parce qu’ils peuvent rester plus longtemps à la maison car ils prennent des médicaments.» À noter la Société Alzheimer des Laurentides préconise le maintien à domicile. Elle avait aidé le Centre de Répit de jour de la Maison Aloïs Alzheimer des Laurentides en faisant un don d’argent recueilli lors d’une Marche pour la mémoire et y réfère des gens de Saint-Jérôme.
Confusion En effet, les Canadiens confondent encore les symptômes de la maladie d’Alzheimer avec le « vieillissement normal », disent les résultats de l’enquête publiés par la Société Alzheimer. Près de 50% des Canadiens ont vécu pendant un an ou plus avec leurs symptômes avant de consulter un médecin de famille. Et 16% de ceux-ci ont attendu plus de deux ans. Plus du quart des répondants avaient refusé de consulter un médecin ou ne voyaient pas la nécessité d’en consulter un, sauf si les symptômes s’aggravaient. Or, un diagnostic retardé entraîne un énorme écart dans le traitement et empêche les personnes atteintes de recevoir des informations précieuses sur les médicaments, le soutien et une meilleure prise en charge de la maladie.
Mieux faire face à la maladie
Les 3/4 des répondants, qui étaient des aidants de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées, ont admis qu’ils souhaitaient avoir demandé un diagnostic plus tôt afin d’avoir accès à des traitements permettant de prendre en charge les symptômes. Ils ont également reconnu d’autres avantages d’obtenir un diagnostic, lorsqu’on leur en a présenté une liste. 78% des répondants ont dit qu’un diagnostic précoce les aiderait à
mettre de l’ordre dans leurs affaires juridiques et financières, et 69% que cela permettrait de garder la personne atteinte de la maladie à la maison plus longtemps, et qu’elle pourrait participer activement aux décisions qui la concernent. 62% des répondants ont attribué à un diagnostic précoce le fait d’être en mesure de mieux faire face à la maladie et vivre avec.
Janvier, Mois de la sensibilisation à la maladie d'Alzheimer
En janvier, pendant le Mois de la sensibilisation à la maladie d’Alzheimer, les Sociétés Alzheimer lancent leur campagne Regardez les choses en face! Renseignez-vous pour connaître les faits.
La Société Alzheimer des Laurentides encourage la population à faire face à la maladie d’Alzheimer et aux maladies apparentées en se rendant sur le site Web Regardez les choses en face! Renseignez-vous pour connaître les faits, à l’adresse www.regardezleschosenface.ca. Le site contient également des témoignages poignants d’aidants et de personnes atteintes de la maladie, qui disent ce qu’un diagnostic précoce a signifié pour eux. La Société Alzheimer des Laurentides (SAL), organisme d’information, d’aide et de soutien dans les Laurentides pour les personnes qui vivent avec la maladie d’Alzheimer ou une affection connexe, leurs proches et leurs aidants et les professionnels de la santé, au 819-326-7136 ou 1-800-978-7881 ou par courriel à salaurentides@bellnet.ca.
Soutien aux proches aidants des aînés des Laurentides à L’Appui 500 boul. des Laurentides, bureau 235, Saint-Jérôme. 450 592 3007.
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vendredi 27 janvier 2012
ALZHEIMER
Arrêté du 8 décembre 2011 relatif aux médecins coordonnateurs Arrêté du 8 décembre 2011 modifiant l'arrêté du 24 janvier 2008 pris pour l'application des articles R. 3711-8 et R. 3711-11 du code de la santé publique relatif aux médecins coordonnateurs
Un médecin coordonnateur peut suivre simultanément soixante personnes soumises à une injonction de soins, selon l’arrêté du 8 décembre 2011 consultable sur le site Legifrance : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000025168577&dateTexte=20120125
Un médecin coordonnateur peut suivre simultanément soixante personnes soumises à une injonction de soins, selon l’arrêté du 8 décembre 2011 consultable sur le site Legifrance : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000025168577&dateTexte=20120125
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