dimanche 20 janvier 2013

Une étape majeure vers un vaccin contre la maladie d’Alzheimer

Une équipe de chercheurs de l’Université Laval, du CHU de Québec et du laboratoire GlaxoSmithKline (GSK) a découvert une façon de stimuler les mécanismes de défense naturelle du cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Cette percée majeure, dont les détails sont publiés sur le site web de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), ouvre la porte au développement d’un traitement pour les personnes atteintes d’Alzheimer et d’un vaccin pour prévenir cette maladie.
L'une des caractéristiques principales de la maladie d'Alzheimer (MA) est la production dans le cerveau de peptide bêta-amyloïde, qui forme des dépôts insolubles (plaques séniles).
L’équipe supervisée par Serge Rivest, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec, a identifié une molécule qui stimule l’activité des cellules immunitaires du cerveau. Il s’agit du MPL (Monophosphoryl Lipid A), que GSK utilise depuis des années comme adjuvant dans de nombreux vaccins et dont l’innocuité est prouvée.
Chez des souris présentant les symptômes de la MA, une injection hebdomadaire de MPL pendant 12 semaines a éliminé jusqu'à 80 % des plaques séniles. De plus, les fonctions cognitives des animaux, mesurées lors de tests d'apprentissage d'une nouvelle tâche, se sont significativement améliorées durant cette période.
Les chercheurs envisagent deux utilisations pour le MPL. La molécule pourrait être administrée par injection intramusculaire aux personnes souffrant déjà de MA afin de freiner la progression de la maladie. Elle pourrait aussi être intégrés dans un vaccin qui stimulerait la production d'anticorps contre le peptide bêta-amyloïde. « Les MPL pourrait aussi être donné aux personnes qui ne sont pas encore malades, mais qui présentent des facteurs de risques d'Alzheimer », estime Serge Rivest.
« Lorsque notre équipe a commencé ses travaux sur l'Alzheimer il y a une dizaine d'années, notre objectif était d'en arriver à mieux soigner les malades, souligne le professeur Rivest. Grâce à la découverte annoncée aujourd’hui, je crois que nous sommes près du but », conclut le chercheur.

Aucun commentaire: